EVLI – La persévérance est la clé d’un investissement responsable

 

 

COMMENTAIRE |  01. 07. 2020

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

En 2010, Evli Bank est devenue signataire des Principes pour l’Investissement Responsable des Nations Unies (UN PRI). L’association finlandaise pour l’investissement responsable, Finsif, a été créée la même année et Evli a eu l’honneur de devenir la première société de gestion finlandaise membre de cette association.

Bien sûr, à bien des égards, l’investissement responsable était déjà présent dans la gestion d’Evli. Dès 2007, Evli avait lancé un fonds climat investit dans les actions d’entreprises internationales dans le secteur des green tech et de la protection de l’environnement, qui sont conformes aux principes de développement durable.

De nombreux investisseurs institutionnels avaient, et ont toujours, de nombreux critères d’exclusion dans leurs politiques d’investissement basées sur des principes qu’ils défendent avec une forte conviction. Il y a à peine dix ans, la notion de « positive screening » n’en était encore qu’à ses débuts. L’adoption des PRI a confirmé et formalisé les initiatives mises en place jusqu’alors et donné une impulsion pour la poursuite de leur développement, tant qualitativement que quantitativement.

En s’engageant à respecter les PRI et en se joignant au Finsif, Evli a rapidement renforcé son dialogue avec les investisseurs nationaux et internationaux intéressés aux questions liées à la responsabilité. Progressivement, nous avons vu l’étendue et l’exhaustivité de l’investissement responsable prendre forme. Outre les questions environnementales, l’investissement responsable doit tenir compte des facteurs sociaux et de la bonne gouvernance. C’est ainsi que les principes ESG ont été mis en place et apparaissent aujourd’hui évidents pour tout le monde ou presque.

L’investissement responsable est un concept global

Une autre dimension importante de l’investissement responsable s’est également structurée rapidement. Il ne s’agit pas de décisions d’investissement individuelles, mais plutôt de l’ensemble du processus d’investissement, de l’analyse des objectifs d’investissement jusqu’au reportings. Le besoin de transparence s’est accru afin que les clients comprennent et soient eux-mêmes capables d’évaluer la responsabilité des actifs.

Le développement de la responsabilité et son importance croissante n’ont pas été simples à mettre en œuvre. Les positions des sociétés cibles pour l’investissement en termes de responsabilité ont évolué. Mais de nombreux progrès ont été réalisés pour que la responsabilité devienne également un élément central pour les entreprises au niveau opérationnel. Malheureusement, les progrès réalisés dans de nombreux pays en développement laissent encore beaucoup à désirer.

Le principal enjeu de l’investissement responsable a toujours été le suivant : comment évaluer ou mesurer la responsabilité de manière objective et fiable ? Diverses mesures ont commencé à émerger et des données ont été compilées, mais pas encore sur de très longues périodes. La formation de différents scénarios et l’évaluation de leurs effets quantitatifs constituent un sujet à part entière. Et prédire l’avenir reste en soi une entreprise difficile. L’évaluation de l’impact de ses propres décisions d’investissement ou des activités des entreprises dans lesquelles on investit est un sujet brûlant actuellement.

La continuité dans l’action fait partie de la responsabilité

Le réchauffement climatique est considéré comme l’un des plus grands défis de notre planète et le public attend et exige des actions de la part des investisseurs. Comment peut-on influencer la trajectoire du développement en temps utile et de manière adéquate ? C’est une question qui touche l’ensemble des acteurs des marchés financiers.

La leçon la plus importante de la dernière décennie est peut-être que nous sommes tous, en tant que personne et en tant qu’investisseur, dans le même bateau. Seul, nous ne pouvons pas modifier le cours des choses. Cela nécessite en effet une coopération, des objectifs communs et des efforts conjoints afin d’apporter des changements positifs.

Les principes clés de l’investissement responsable doivent être la recherche du progrès, le respect des autres, l’apprentissage continu et l’honnêteté. Evli se tient derrière ces mots. Le monde n’est pas encore fini et une action responsable exige de la persévérance.

 

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019).
La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

 

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Neuberger Berman – Marché des obligations corporate hybrides : une opportunité de qualité dans un environnement de taux bas

 

 

Commentaire

Par Julian Marks, Gérant Senior chez Neuberger Berman

Paris, 24 juin 2020 – Le marché des obligations corporate hybrides a connu récemment une croissance considérable et ce segment attire par conséquent de plus en plus l’attention des émetteurs et des investisseurs.

Le nombre d’émissions a de nouveau été important au cours des premiers mois de 2020 et cette tendance dure depuis 2013. Cette croissance devrait se poursuivre, stimulée par les émetteurs qui cherchent à réduire leur coût moyen pondéré du capital et accroître la flexibilité de leur bilan. Cet outil devrait aussi être de plus en plus utilisé pour financer des fusions et acquisitions. Pour les investisseurs, l’univers hybride offre la possibilité d’investir en Investment Grade tout en obtenant potentiellement des rendements similaires au marché High Yield. Le rendement supplémentaire offert par rapport à la dette senior unsecured constitue un moyen intéressant pour améliorer les performances dans l’environnement actuel à faible rendement. Toutefois, en raison de la nature relativement complexe de ces instruments, l’investissement en obligations corporate hybrides nécessite une expertise spécifique, notamment une évaluation rigoureuse du crédit et une analyse approfondie des caractéristiques de l’émission afin de déterminer leur bonne valorisation.

Pour en savoir plus sur les obligations corporate hybrides, retrouvez ici l’approche de Julian Marks sur ce segment.

 

À propos de Neuberger Berman

Neuberger Berman, fondé en 1939, est une société de gestion indépendante et détenue par ses salariés. La société gère une gamme de stratégies – incluant des stratégies actions, fixed income, quantitatives et multi-asset class, des fonds de private equity et des hedge funds – pour le compte d’institutions, de conseillers et d’investisseurs individuels dans le monde entier. Avec des bureaux dans 24 pays, l’équipe de Neuberger Berman compte environ 2 300 professionnels. Sur six années consécutives, la société a été désignée Best place to work par Pensions & Investments dans la catégorie gestion financière (entreprise de plus de 1 000 salariés). La société a obtenu un A+ dans chaque catégorie dans le dernier rapport PRI 2019 pour son approche de l’intégration des facteurs ESG dans les différentes classes d’actifs. Elle gère 330 milliards de dollars d’actifs pour le compte de ses clients au 31 mars 2020.

Pour plus d’informations, veuillez visiter notre site Web : www.nb.com.

Avertissement

Ce document est fourni à titre d’information seulement et ne constitue en aucun cas des conseils en matière d’investissement, de droit, de comptabilité ou de fiscalité. Ce document est de nature générale et ne s’adressent à aucune catégorie d’investisseurs et ne doit pas être considéré comme une recommandation, un conseil en investissement ou une suggestion d’adopter ou de s’abstenir d’adopter une ligne de conduite en matière d’investissement. Les décisions d’investissement et la pertinence de ce document devraient être prises en fonction des objectifs et de la situation personnelle de l’investisseur et en consultation avec ses conseillers. L’information est obtenue de sources jugées fiables, mais il n’y a aucune déclaration ni garantie quant à son exactitude, son intégralité ou sa fiabilité. La société, ses employés et ses mandats peuvent détenir des positions de toute société dont il est question. Toutes les informations sont à jour à la date du présent document et peuvent être modifiées sans préavis. Les points de vue ou opinions exprimés peuvent ne pas refléter ceux de l’entreprise dans son ensemble. Les produits et services Neuberger Berman peuvent ne pas être disponibles dans toutes les juridictions ou pour tous les types de clients.

Ce matériel peut comprendre des estimations, des perspectives, des projections et d’autres « énoncés prospectifs ». En raison de divers facteurs, les événements réels ou le comportement du marché peuvent différer sensiblement des opinions exprimées. L’investissement comporte des risques, y compris la perte éventuelle du capital. Les placements dans des fonds de couverture et des fonds de capital-investissement sont spéculatifs et comportent un degré de risque plus élevé que les placements plus traditionnels. Les placements dans des fonds de couverture et des fonds de capital-investissement s’adressent uniquement à des investisseurs avertis. Les indices ne sont pas gérés et ne sont pas disponibles pour l’investissement direct. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

Ces documents sont publiés sur une base limitée par l’intermédiaire de diverses filiales et sociétés affiliées mondiales de Neuberger Berman Group LLC. Veuillez consulter le site www.nb.com/disclosure-global-communications pour connaître les entités spécifiques et les limites et restrictions juridictionnelles.

Le nom et le logo « Neuberger Berman » sont des marques de service déposées de Neuberger Berman Group LLC.

 

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HOMA CAPITAL – Déficit public : qui s’endette s’enrichit !

COMMENTAIRE
Paris, le 19 juin 2020


Document rédigé par :

   Jean-Claude Mailly, administrateur

   Jean-Martin Cohen-Solal, administrateur

   Steve Ohana, administrateur

   Lionel Melka, Directeur de l’analyse émetteur

   Lionel Tangy-Malca, Président Directeur Général

La politique budgétaire européenne de ces dernières décennies avait pour finalité de permettre aux états de l’Union Européenne d’avoir des dispositions communes de solvabilité afin de crédibiliser l’euro.

Or, pour contenir la crise du Covid-19, les pays développés ont engagé des dépenses massives et enregistré une baisse sans précédent de leurs recettes fiscales. Aux premières dispositions d’urgence prises par les gouvernements, vont succéder désormais des mesures destinées à accroître notre résilience face à de telles pandémies, ainsi que divers plans de relance et d’investissement public visant à reconstruire le tissu économique et social.

Cette crise va ainsi amener, pour plusieurs années, les déficits et endettement publics loin des limites fixées par les traités européens. Ainsi, le déficit prévu pour la zone euro par la Commission européenne pour l’année 2020 s’élève à 8.5% du PIB (0.6% en 2019), et la dette publique à 103% du PIB (86% en 2019).

Sur le plan des politiques monétaires, les Banques Centrales ont lancé des programmes exceptionnels d’achat de dette publique sur les marchés. La Banque Centrale Européenne (BCE) prévoit ainsi d’acheter, selon les termes du Pandemic Emergeny Purchase Program (PEPP), 750 milliards d’euros d’actifs de dette (publique et privée) pour soutenir les Etats dans leurs politiques de relance.

Faut-t-il s’en inquiéter ?

L’idée que la gestion des finances publiques serait similaire à celle d’un ménage ou d’une entreprise s’est incrustée dans nos esprits. Or, un ménage ou une entreprise n’a pas la capacité de s’endetter dans une monnaie qu’il serait capable d’émettre par lui-même, ni la possibilité, comme un Etat, de lever l’impôt pour gérer ses revenus.

Il convient ici de rappeler que, jusqu’en 1973, c’est par des avances de la Banque de France au Trésor que l’Etat français finançait ses déficits. La dette publique de la France n’était alors qu’une créance que la Banque de France (un organe de l’Etat) possédait sur le Trésor (un autre organe de l’Etat). L’absurdité de la conception de la dette comme « fardeau différé pour nos enfants » apparaissait alors beaucoup plus nettement que dans le mode de financement actuel par les marchés. Pourtant, la différence entre ces deux systèmes n’est qu’apparente.  En effet, la dette d’un Etat émise dans sa propre monnaie (donc avec le soutien de sa Banque Centrale) peut à tout moment être convertie en monnaie pure et simple (sans maturité). Il suffit pour cela que la Banque Centrale émette de la monnaie pour acheter les titres de dette publique sur le marché. La Banque Centrale peut même ensuite effacer simplement la dette publique de son bilan (opération dite de « monétisation de la dette publique »).

Y’a-t-il eu dans ce cas « défaut » sur la dette ?

Aucunement : les détenteurs de dette publique ont vendu leur titre à la Banque Centrale au prix du marché.

La devise s’affaiblira-t-elle et l’inflation bondira-t-elle suite à cette monétisation ?

Dans les économies développées, où le problème est devenu le manque d’inflation, plutôt que son excès, c’est une issue souhaitable mais pas automatique…. On sait en effet que l’inflation sur le marché des biens n’est pas directement reliée à la monnaie émise par la Banque Centrale (la « base monétaire ») mais à la masse de monnaie totale en circulation dans l’économie, qui est le résultat de tous les prêts octroyés par les banques au secteur privé. Or, cette masse monétaire totale s’est déconnectée de la base monétaire depuis la crise financière de 2008.

Faut-il en définitive s’inquiéter de la dette publique et des déficits ?

Dans un monde sans inflation, où une grande part de la population active est inemployée ou sous-employée, où le secteur privé est surendetté, où les gouvernements émettent leur dette dans leur propre monnaie, avec le soutien de leur Banque Centrale, la réponse est négative. Dans ces circonstances, les déficits publics s’apparentent à une injection de monnaie par le gouvernement dans l’économie. Cette injection augmente le niveau de richesse du secteur privé et facilite son désendettement, sans provoquer d’excès d’inflation car elle permet de remettre la population inemployée au travail.

A cet instant, il conviendrait en revanche de s’inquiéter du retour en vigueur, probablement dès 2021, des critères budgétaires du Traité de Maastricht et du Traité pour la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) : déficit nominal contraint à ne pas dépasser 3% du PIB (0.5% du PIB pour le déficit structurel-ajusté des effets cycliques), objectif à long terme de réduction de la dette publique à 60% du PIB, avec un rythme de réduction de la dette de 1/20 de l’écart à la cible chaque année.

Si ces obstacles aux déficits publics ne sont pas rapidement levés, la zone euro risque d’avoir des difficultés à survivre à cette crise. En effet, cette crise a illustré une nouvelle fois les déficiences de la gouvernance budgétaire et monétaire en zone euro. Comme dans toute crise de demande, le secteur privé manifeste aujourd’hui un fort désir d’épargne. Pour atténuer l’effet du choc de demande, cette épargne doit trouver un débouché dans les déficits publics. Cependant, elle ne peut se diriger vers un actif de dette sûr commun à tous les pays (de type « eurobonds »), un tel actif étant inexistant en zone euro. L’épargne en euro se réfugie donc vers les actifs de dette des « pays cœur » de la zone euro (France, Allemagne, Bénélux, Autriche, Finlande), délaissant les dettes des « pays périphériques » (Italie, Espagne, Portugal, Grèce), perçues par les investisseurs comme risquées. Cette fragmentation de l’épargne, qui concerne également l’épargne provenant des pays périphériques eux-mêmes, aboutit à des écarts de taux d’intérêt (« spread ») insoutenables. Les épargnants expriment le « souhait » de voir les pays cœur dépenser davantage, mais interdisent en revanche aux pays périphériques de le faire. C’est d’autant plus paradoxal que l’Italie est le pays le plus vertueux de la zone euro au niveau budgétaire, la Péninsule ayant réalisé un seul budget annuel en déficit primaire (budget hors intérêts de la dette) au cours des 25 dernières années !

Cependant, les pays cœur refusent de dépenser plus qu’il est nécessaire pour leurs propres besoins. Et dans quelques mois, alors que la phase la plus aigüe de cette crise sera passée, mais que la demande privée sera encore déprimée, ils se verront bientôt contraints de réduire leurs déficits par les traités budgétaires. Face à cette situation, la BCE est tellement contrainte qu’elle ne peut ramener les taux des pays périphériques à des niveaux qui leur permettraient de dépenser suffisamment pour atteindre leur PIB potentiel. C’est ce problème de gouvernance de l’union monétaire qui fait que nous n’avons jamais réussi à sortir de la crise des dettes périphériques survenue en 2010.

Pour sauver les économies européennes, nous avons besoin d’un changement de paradigme dans la façon dont est perçue et gouvernée la dette publique depuis le traité de Maastricht. Les problèmes persistants de la zone euro depuis 2010 ne sont pas le fruit de dérapages budgétaires de la part de supposés « pays cigales » mais d’un manque de dépenses (publiques comme privées) dans les pays en excédent courant (Allemagne, Autriche, Pays-Bas notamment). Le maintien des très forts excédents courants allemands (7% du PIB !), rend en effet très difficile le désendettement (privé et public) dans le reste de la zone euro, en même temps qu’il fragilise l’économie mondiale et empoisonne les relations transatlantiques. Et les limites d’action de la BCE, qui se traduisent par des taux d’intérêt beaucoup trop élevés des pays périphériques par rapport à leur taux de croissance nominale, compromettent encore davantage ce désendettement.

Le plan actuel de la Commission Européenne prévoit l’emprunt à long terme, à des conditions de taux extrêmement favorables, de 750 milliards d’euros, montant qui serait dépensé dans les trois prochaines années, en priorité dans les pays les plus touchés par la crise. Ce plan va dans le bon sens, à condition que l’opposition des quatre pays réfractaires (Autriche, Pays-Bas, Danemark, Suède) parvienne à être surmontée…

Cependant, trois réformes urgentes paraissent s’imposer pour faire prospérer la zone euro. Il faudrait en premier lieu suspendre les critères de gouvernance budgétaires. Puis, obtenir des pays en fort excédent courant, et en particulier de l’Allemagne, qu’ils résorbent ces excédents ou qu’ils les compensent par des transferts fiscaux vers les pays périphériques. Enfin, il faudrait réformer les traités pour permettre à la BCE d’assumer pleinement son rôle de prêteur en dernier ressort aux Etats de la zone euro, en offrant à tous les Etats-membres des conditions de financement semblables à celles de pays monétairement souverains comme le Royaume-Uni, le Japon ou les Etats-Unis. Ainsi, le Japon, qui affiche le ratio dette/PIB le plus élevé des pays de l’OCDE, et les Etats-Unis, qui n’ont plus enregistré un seul budget en excédent primaire depuis 2007, se financent, avec l’aide de leurs Banques Centrales respectives, à des taux inférieurs à leur croissance nominale depuis 2013.

Au regard de ce qui précède, les déficits publics n’apparaissent plus comme un « problème » mais émergent au contraire comme une condition à la relance des économies européennes post-Covid. Les limites contraignantes de déficit ou de dette publique n’ont aucune justification économique. Il en est de même pour les freins aux interventions de la Banque Centrale sur le marché de la dette. Il est plus que temps d’abandonner ces fétiches et ces tabous au bénéfice d’une politique dédiée au plein emploi. Comme l’a si bien exprimé Mark Twain, « les vaches sacrées font les meilleurs hamburgers ».

Informations importantes

Les informations disponibles sur le présent document ont un caractère purement informatif. Toutes les opinions exprimées sont celles de HOMA CAPITAL et ne constituent pas de conseil en investissement. Les données disponibles sur le présent document sont constituées à partir de sources réputées fiables mais n’ont pas été vérifiées par un organisme indépendant. Elles ne constituent ni un élément contractuel, ni une proposition ou une incitation à l’investissement ou à l’arbitrage. Les commentaires ne sauraient être considérés comme une sollicitation en vue de l’achat ou de la vente d’instruments financiers.

HOMA CAPITAL SA est une société de gestion de portefeuille, agréée par l’AMF sous le n° GP-11000002 en date du 13 janvier 2011, son siège social est situé au 37, avenue Pierre 1er de Serbie – 75008 Paris. Elle est immatriculée au registre du commerce et des sociétés de la ville de Paris sous le n° B524 396 348.

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Neuberger Berman – Vers la dé-connexion 5G ?

 

 

Commentaire

Par YT Boon, Gérant Senior, Directeur de la recherche (Asie) et Co-gérant du fonds Neuberger Berman 5G Connectivity.

Paris, 16 juin 2020 – Les tensions géopolitiques et commerciales risquent de fragiliser les chaînes de production autour de la 5G. Si cela peut rendre plus complexe l’orientation au sein de ce thème d’investissement, il reste néanmoins peu probable que ces tensions diminuent l’importance à venir de la 5G.

La connectivité 5G représente un thème d’investissement émergent majeur pour notre économie et nos modes de vie, et elle ne cesse d’ailleurs d’être présente dans les fils d’actualités pourtant déjà très surchargés.

C’était par exemple le cas lors de la crise du COVID-19. L’industrie pensait que le télétravail, les divertissements connectés et les applications de soins à distance commenceraient à décoller dès que la 5G serait mise en place. Mais aujourd’hui, la demande pour ces applications a explosé et essayer de les utiliser sur des connexions 4G inadéquates et encombrantes a accru l’urgence du déploiement de la 5G.

En même temps, les tensions géopolitiques et commerciales entre la Chine et les États-Unis ont repris et les controverses autour du rôle de Huawei, la firme chinoise qui est l’un des principaux fournisseurs mondiaux d’infrastructures 5G, ont de nouveau fait la Une.

Quelles seront donc les perspectives du secteur alors que la 5G répond à la fois à des tendances haussières et baissières ?

Confiance

Au cours du mois dernier, la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, n’a pas réussi à éviter l’extradition du Canada vers les États-Unis, où elle est accusée de fraude et de violation des sanctions. Le gouvernement américain a redoublé d’efforts pour couper Huawei de ses fournisseurs de composants à travers le monde, en exigeant des entreprises non américaines qu’elles obtiennent une licence pour utiliser la technologie ou les logiciels américains dans les composants fabriqués pour Huawei.

Huawei se prépare cependant à cette situation depuis déjà un certain temps.

Meng Wanzhou a été arrêtée pour la première fois il y a plus de 18 mois et cela fait déjà un an que les États-Unis ont exigé de Qualcomm, leur partenaire sur la 5G en Chine, qu’il obtienne une licence pour fournir Huawei. Ainsi, Huawei a déjà réduit sa dépendance aux puces produites par Qualcomm en concevant ses propres puces via sa filiale HiSilicon, qui seront produites par des fabricants asiatiques comme Taiwan Semiconductor Manufacturing Co.

Et pour parer aux menaces de nouveaux contrôles américains à l’exportation sur ce partenariat, Huawei a également renforcé ses relations avec d’autres fabricants et développeurs chinois, tels que MediaTek et Unisoc. Peu de gens doutent en effet de la qualité des puces 5G produites notamment par MediaTek par rapport à leurs concurrents internationaux.

Une alliance 5G

Toutefois, ailleurs dans le monde, on s’inquiète de la capacité de la Chine à fabriquer des puces et, bien sûr, des sensibilités géopolitiques et sécuritaires croissantes liées à une trop grande dépendance vis-à-vis de Huawei pour les infrastructures 5G.

Ces préoccupations sont plus prononcées au Royaume-Uni et en Europe, où la technologie mobile intégrée est bien avancée. C’est pourquoi le Royaume-Uni a récemment annoncé un nouvel examen de sécurité sur le rôle de Huawei dans la 5G et a lancé l’idée d’une « alliance 5G des démocraties » pour aider à se diversifier en s’éloignant des technologies chinoises.

Cette approche permettrait d’éviter une unique chaîne de production où Huawei domine l’infrastructure 5G dans le monde entier et Qualcomm la fabrication de puces, et génèrerait un environnent beaucoup plus complexe et fragmenté.

Huawei restera probablement leader sur l’infrastructure 5G en Chine. Mais ces développements offrent une opportunité plus claire pour Nokia et Ericsson en Europe, et pour Samsung, potentiellement en Europe et aux Etats-Unis également, mais aussi très probablement en Inde et dans le reste de l’Asie.

Parmi les concepteurs et fabricants de puces, les entreprises chinoises locales continueront sûrement à tirer profit du retrait forcé de Qualcomm, tandis que les entreprises asiatiques devraient assumer la bureaucratie supplémentaire et rester fournisseurs de Huawei. Ces dernières devraient également fournir davantage les entreprises qui s’engagent dans la brèche laissé par Huawei dans l’infrastructure 5G européenne.

Rideaux de fer

Si cet environnement semble a priori complexe, il faut souligner que cela ne fait que mettre le développement de la 5G en phase avec le rideau de fer qui sépare l’ensemble de notre monde numérique, avec Google, Facebook, WhatsApp et Amazon d’un côté et Baidu, le WeChat de Tencent et Alibaba de l’autre.

De la même manière que cette division ne rend pas moins essentiels internet, les réseaux sociaux et le commerce en ligne pour l’économie moderne, une séparation des chaînes de production ne perturbera pas l’adoption de la 5G à mesure que cette technologie devient tout aussi essentielle.

Toutefois, ce rideau de fer rendra le thème d’investissement 5G plus complexe, plus diversifié et plus dynamique. Selon nous, cela le rendra également beaucoup plus difficile d’accès pour l’investissement passif. Nous pensons que la connectivité 5G va changer de nombreux aspects de notre vie quotidienne, mais une gestion active et une connaissance et une expérience approfondies du secteur seront sans aucun doute nécessaires pour en tirer le meilleur rendement.

 

À propos de Neuberger Berman

Neuberger Berman, fondé en 1939, est une société de gestion indépendante et détenue par ses salariés. La société gère une gamme de stratégies – incluant des stratégies actions, fixed income, quantitatives et multi-asset class, des fonds de private equity et des hedge funds – pour le compte d’institutions, de conseillers et d’investisseurs individuels dans le monde entier. Avec des bureaux dans 24 pays, l’équipe de Neuberger Berman compte environ 2 300 professionnels. Sur six années consécutives, la société a été désignée Best place to work par Pensions & Investments dans la catégorie gestion financière (entreprise de plus de 1 000 salariés). La société a obtenu un A+ dans chaque catégorie dans le dernier rapport PRI 2019 pour son approche de l’intégration des facteurs ESG dans les différentes classes d’actifs. Elle gère 330 milliards de dollars d’actifs pour le compte de ses clients au 31 mars 2020.

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HOMA CAPITAL – « Qui Perd, Gagne ! »

PERSPECTIVES
Paris, le 16 juin 2020


Par Jean-Jacques Ohana, CFA, Directeur de la gestion

Depuis trois semaines, les valeurs délaissées réduisent l’écart avec les titres de qualité sur toutes les dimensions :

  • Géographique avec la surperformance des actions européennes par rapport aux marchés américains (+17% contre 10% pour les secondes sur un mois)
  • Sectorielle avec la surperformance des secteurs cycliques (Banks, Auto) vis-à-vis des défensifs (Health Care, Food & Beverages)
  • Factorielle avec la sous-performance du facteur « qualité et solidité bilancielle » vs surperformance des sociétés les plus endettées aux Etats-Unis
  • Comportemental avec la performance de sociétés en faillite (Hertz +580% en trois jours de bourse), de sociétés soupçonnées de fraudes (Luckin Coffee, +155% la semaine dernière) ou des compagnies aériennes qui seraient en faillite sans aide des Etats (ETF JETS +60% de performance sur un mois, passage des actifs sous gestion de 45 millions de dollars à 1.7 Milliards de dollars depuis le 11 mars).

Les perspectives à long terme sur les marchés seraient toutefois porteuses d’un message positif.
La participation à la hausse des marchés s’est étoffée, couvrant désormais plusieurs zones géographiques et des secteurs autres que la Technologie ou la Santé.
Les marchés du crédit se sont considérablement améliorés avec de nouveau une surperformance locale des obligations les moins bien notées (notation CCC) et une détente des indicateurs d’aversion au risque.

Néanmoins, ce rattrapage se fait dans un contexte de déconnexion avec les fondamentaux des entreprises et dans une atmosphère d’exubérance moutonnière qui bouscule la raison.

Détente des indicateurs d’Aversion au Risque
(source : Homa Capital, Riskelia)

 

INFORMATIONS IMPORTANTES

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PGIM Real Estate – Evaluer l’impact du Covid-19 sur les marchés immobiliers

Paris, 12 juin 2020 – Peter Hayes, directeur monde de la recherche immobilière chez PGIM Real Estate, revient sur l’impact potentiel du Covid-19 sur les marchés immobiliers mondiaux. PGIM Real Estate est le bras armé en investissement immobilier de PGIM, la filiale de gestion d’actifs de l’assureur américain Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU) dont les encours sous gestion s’élèvent à environ 1 300 milliards de dollars.

De la même façon que les conséquences de la crise financière de 2008 sur l’économie mondiale sont encore aujourd’hui palpables – réglementation accrue du secteur bancaire, cycles de développement contraints, ratios d’endettement plus faibles que par le passé – il est probable que le Covid-19 ait un impact durable sur l’économie en général et le secteur immobilier en particulier.

Bien que la crise n’en soit toujours qu’à ses prémices dans de nombreuses régions du monde, il est d’ores et déjà possible de faire certaines observations sur sa nature ainsi que de dresser des hypothèses quant à ses implications pour les marchés immobiliers :

Nature de la crise

  • La crise a eu un impact sur l’économie mondiale d’une ampleur inédite en temps de paix.

La plupart des pays – développés comme émergents – ayant imposé des mesures de confinement strictes et des restrictions importantes à l’activité économique, la récession mondiale sera probablement bien plus sévère que lors de la crise financière de 2008.

  • Les économies et les marchés se redresseront avec le temps.

Une sortie de crise devrait toutefois se profiler à moyen terme, comme déjà constaté dans certaines parties de la région Asie-Pacifique, grâce à une combinaison de facteurs tels qu’un taux de reproduction plus faible de la maladie, l’adaptation progressive des systèmes de santé, la mise au point d’un traitement ou d’un vaccin efficace, ou le phénomène d’immunité collective.

  • Les prérogatives des pouvoirs publics ont été considérablement étendues.

Des actions politiques qui, il y a quelques mois encore, auraient été considérées inconcevables – du confinement imposé par les gouvernements aux plans de relance monétaire colossaux mis en place, en passant par les importantes mesures déployées en termes de soutien aux entreprises et aux ménages  – sont rapidement devenues la norme à travers le monde. Cependant, l’un des enseignements de la politique d’assouplissement quantitatif (QE) menée suite à la crise financière de 2008 est qu’il est très difficile de sortir de telles mesures une fois celles-ci intégrées au système économique. Il est probable qu’il en soit de même cette fois-ci s’agissant des divers plans de soutien et mesures de contrôle décidés par les pouvoirs publics dans le contexte du Covid-19. En outre, ces mesures devraient faire s’envoler les ratios de dette publique sur PIB de nombreux pays dans le monde entier d’ici la fin de cette année.

  • L’impact sociétal est particulièrement fort en Europe et aux États-Unis.

Le Covid-19 est en train d’avoir un impact sociétal significatif sur la plupart des grands pays du monde, développés comme émergents. L’impact devrait toutefois s’avérer plus fort en Europe et aux États-Unis qu’en Asie-Pacifique, où de nombreux pays disposaient déjà de solides protocoles de lutte contre les pandémies, grâce à l’expérience acquise lors des crises de santé publique de ces dernières décennies, notamment celles du SRAS et du MERS.

Impact sur les marchés immobiliers

  • Le secteur immobilier est sorti renforcé de la crise financière de 2008.

Si une propagation de la crise à l’immobilier ne peut être exclue, le secteur paraît mieux préparé pour affronter la crise actuelle qu’il ne l’était pré-2008, notamment grâce à son institutionnalisation. Divers facteurs tels qu’une meilleure gouvernance, des réglementations plus strictes et un effet de levier plus faible employé au cours du dernier cycle font que les investisseurs sont, dans l’ensemble, mieux préparés pour faire face à la tempête qui s’annonce.

  • Certains segments des marchés immobiliers locatifs vont être particulièrement impactés.

Les secteurs immobiliers dont la demande repose sur une utilisation intensive des espaces vont être durablement impactés. L’effet sera le plus prononcé pendant la crise sanitaire elle-même, la législation en vigueur dans certains pays d’Europe et des Etats-Unis permettant à de nombreux locataires de suspendre le paiement de leur loyer jusqu’à ce que les conditions d’occupation se normalisent. L’impact devrait également persister durant la période d’inquiétude et d’incertitude vis-à-vis d’une potentielle résurgence du virus qui s’en suivra. Le commerce de détail, les loisirs, l’hôtellerie le co-working comptent parmi les secteurs les plus exposés à la crise, même si tous en ressentiront à un moment ou un autre les effets.

  • Les tendances actuelles devraient s’accélérer.

La pandémie de Covid-19 devrait accélérer et exacerber plusieurs tendances de fond sur lesquelles les investisseurs immobiliers avaient déjà commencé à capitaliser ces dernières années :

  • L’essor du e-commerce. Au-delà des fermetures de court terme, les mesures de distanciation sociale constituent une menace importante pour le commerce physique. Déjà mis à mal par la croissance du e-commerce, les retailers vont être confrontés à des difficultés supplémentaires et le déclin des taux d’occupation et des valeurs vénales amorcé ces dernières années devrait se poursuivre.
  • L’amélioration des chaînes d’approvisionnement. Le commerce – tant physique qu’en ligne – ainsi que les opérateurs logistiques sont sous pression pour améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement et accroître leur capacité à répondre aux demandes de leurs clients.
  • Les pratiques de travail flexibles. Pour de nombreuses entreprises de services, le Covid-19 sert de test grandeur nature du déploiement généralisé du télétravail. S’il ne faut pas surestimer l’impact durable du Covid-19 sur les pratiques de travail, il est probable que de nombreuses entreprises réalisent qu’elles peuvent réduire leur utilisation d’espaces de bureau via une efficacité opérationnelle accrue et l’optimisation des modalités de télétravail.
  • Les dynamiques de long terme restent les mêmes.

La crise étant de nature exogène, les facteurs de long terme existants qui influencent le processus de formation des prix et créent les opportunités dans le secteur immobilier, tels que le vieillissement de la population, la diminution de la part des actifs et la croissance plus faible de la productivité, ne sont dans l’ensemble pas affectés. Par ailleurs, bien qu’il soit possible que l’inflation augmente temporairement, la crise actuelle ne devrait pas entraîner une remontée spectaculaire des taux d’intérêt. En effet, si la prime de risque augmente en raison des incertitudes relatives aux flux de trésorerie à court terme, il n’existe aucune raison structurelle pour qu’elle reste durablement plus élevée qu’avant la crise.

  • Des opportunités se présenteront au sortir de la crise.

Même si la crise s’avère grave et que le retour à la normale prend un certain temps, des opportunités à des prix attractifs devraient bientôt se présenter aux investisseurs disposant de réserves de capital immédiatement disponibles. Une fois la chute des prix terminée, ou si les marchés évitent de graves dommages, les investisseurs devraient ensuite revenir à la plupart des thèmes structurels qui ont dominé le paysage de l’investissement immobilier ces dernières années, à savoir notamment l’expansion de la logistique, la demande pour le secteur résidentiel locatif et les stratégies d’investissement socialement responsables.

A propos de PGIM Real Estate

PGIM Real Estate est l’un des plus importants investisseurs immobiliers au monde, avec 179,4 milliards de dollars d’actifs bruts sous gestion et administration*. PGIM Real Estate s’efforce d’offrir à ses clients investisseurs et emprunteurs des résultats exceptionnels grâce à une large gamme de solutions d’investissement et de financement couvrant l’ensemble du spectre risque-rendement. PGIM Real Estate est le bras armé en investissement immobilier de PGIM, filiale de gestion d’actifs internationale de Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU) dont les encours sous gestion s’élèvent à 1 300 milliards de dollars.

L’expérience de PGIM Real Estate dans la gestion des risques, sa capacité d’exécution et sa connaissance approfondie des marchés immobiliers s’appuie sur un historique de plus de 50 ans dans l’investissement en immobilier direct, de plus de 140 ans dans le financement immobilier** ainsi que sur l’expertise locale de ses professionnels répartis dans 32 villes par-delà le monde entier. Via une approche différenciée en matière d’investissement, de financement et de gestion d’actifs, PGIM Real Estate s’engage dans des pratiques ayant un impact environnemental et social positif et s’efforce de renforcer les liens entre communautés dans le monde entier. Pour plus d’informations, visitez le site www.pgimrealestate.com.

*au 31 mars 2020, dont 37,9 milliards de dollars d’actifs sous administration
**incluant l’héritage de la société mère de PGIM, PFI

A propos de PGIM

PGIM, la société de gestion d’actifs de Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU), se classe parmi les 10 premiers gestionnaires d’actifs au monde* avec plus de 130 milliards de dollars d’actifs sous gestion au 31 décembre 2019. PGIM offre une gamme de solutions d’investissement aux particuliers et aux investisseurs institutionnels du monde entier parmi un large éventail de classes d’actifs incluant notamment les actions, les obligations, la dette privée, les actifs réels et les investissements alternatifs. PGIM dispose de bureaux répartis dans 16 pays et quatre continents. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.pgim.com

Prudential Financial, Inc. (PFI) est une société américaine et n’est affilié ni à Prudential plc ni à Prudential Assurance Company, filiale de M&G plc, qui sont des sociétés domiciliées au Royaume-Uni. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site news.prudential.com.

*Classement des plus importants gestionnaires d’actifs au monde (Pensions & Investments, 27 mai 2019) ; basé sur le montant global des actifs sous gestion pour le compte d’investisseurs institutionnels de Prudential Financial Inc. au 31 décembre 2018. L’encours des actifs sous gestion rapporté est fondé sur des estimations établies par la société et est sujet à variation.

Émis par PGIM Limited. Siège social : Grand Buildings, 1-3 Strand, Trafalgar Square, Londres, WC2N 5HR. PGIM Limited est autorisé et réglementé par la Financial Conduct Authority du Royaume-Uni (numéro de référence de la société 193418) et est dûment autorisé dans diverses juridictions de l’Espace économique européen.

Pour en savoir plus sur PGIM Real Estate : pgimrealestate.com

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EVLI – Revue mensuelle juin 2020

COMMENTAIRE |  05. 06. 2020

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

La vie reprend peu à peu son cours

En mai, la fin progressive du confinement dans de nombreux pays a permis aux populations de se déplacer à nouveau. Malgré cela, les restrictions sur les voyages et les rassemblements publics, la réglementation des horaires d’ouverture des restaurants et les recommandations quant à l’utilisation de masques de protection restent encore en vigueur dans de nombreux pays. L’économie commence toutefois à se redresser et l’activité dans les secteurs qui étaient auparavant au point mort commence à reprendre.

L’assouplissement des restrictions a immédiatement entraîné une légère augmentation du taux d’infection dans certains pays. À l’approche de l’été, il reste à voir dans quelle mesure le nombre de personnes infectées augmentera ou si une deuxième vague plus importante arrivera peut-être à l’automne, voire l’hiver prochain. Dans de nombreux pays émergents tels que le Brésil, la Russie et l’Inde, les taux d’infection continuent en effet d’augmenter.

Les ravages causés par la pandémie sur l’économie mondiale commencent maintenant à prendre forme. Les États-Unis ont perdu plus de 20 millions d’emplois et le chômage est passé à près de 20 %. Et la situation devrait continuer à se détériorer. Ainsi, le commerce de détail s’est contracté de 16 % en avril et la production industrielle de 11 %. La baisse du PIB au premier trimestre a quant à elle atteint 5 %.

Le chômage dans la zone euro n’a pas encore augmenté aussi fortement qu’au États-Unis en raison de la structure différente du marché du travail. Toutefois, on s’attend à ce que le chômage passe de 7,4 % actuellement à 10 %. Le commerce de détail et la production industrielle se sont également contractés de 11 %. Selon les premières estimations, l’économie de la zone euro s’est contractée d’environ 4 % entre janvier et mars.

Néanmoins, les enquêtes publiées en mai constatent une légère amélioration de la confiance de l’industrie et des consommateurs, tant aux États-Unis qu’en Europe.

La pandémie du coronavirus était-elle un tsunami ou un ouragan ?

À mesure que la situation s’améliore concernant le coronavirus, l’attention se tourne vers l’avenir. Est-ce qu’une pandémie virale qui sort de nulle part restera un évènement exceptionnel ? Le retour du Covid-19 s’intensifiera-t-il ? Ou de nouvelles pandémies verront-elles le jour ?

Il y a aujourd’hui de bonnes chances de trouver un vaccin ou un médicament pour lutter contre le virus du SRAS-CoV-2 et cet espoir a renforcé l’optimisme des marchés. Bien que la mise au point et l’introduction d’un vaccin contre le coronavirus puissent prendre un certain temps, les efforts déployés permettent de rester optimiste pour l’avenir.

Cependant, les effets durables de cette crise sur l’économie mondiale se font ressentir non seulement dans le secteur du tourisme, mais aussi dans les habitudes de consommation et dans les chaînes de production industrielle.

Des progrès ont été réalisés dans le cadre du programme de soutien de l’UE visant à parer aux dommages causés à l’économie. La Commission européenne a augmenté de 250 milliards d’euros l’enveloppe de soutien de 500 milliards d’euros proposée par la France et l’Allemagne. Les décisions relatives à la mise en œuvre de ce plan sont attendues lors du sommet européen des 18 et 19 juin prochains. L’ampleur de l’aide est toutefois encore éclipsée par les mesures d’aide américaines. L’Europe a également besoin de mesures monétaires et structurelles supplémentaires.

L’enthousiasme de l’UE autour des négociations du Brexit risque également d’être éclipsé par ces projets de relance. Ces négociations ont été difficiles et un report du Brexit est toujours possible.

A quoi devons-nous nous attendre maintenant ?

Les principaux facteurs de risque des perspectives économiques mondiales pour le reste de l’année sont le chômage qui reste élevé aux États-Unis et en Europe, une augmentation plus importante que prévue des faillites, l’escalade dans la guerre commerciale et autres différends entre les États-Unis et la Chine, la faiblesse de l’économie italienne et un Brexit « dur ».

Quant aux opportunités et aux facteurs positifs, nous pouvons mentionner une percée rapide dans la recherche pour un médicament ou un vaccin contre les coronavirus, une reprise de l’activité et de la demande économique mondiale ainsi qu’un redressement des performances des entreprises.

Graphique : L’indice MSCI World est revenu au-dessus de la moyenne mobile de 200 jours

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019).

La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

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HOMA CAPITAL – Covid-19 : les signaux précurseurs du monde d’après

COMMENTAIRE
Paris, le 28 mai 2020


Document rédigé par :

   Jean-Claude Mailly, administrateur

   Jean-Martin Cohen-Solal, administrateur

   Steve Ohana, administrateur

   Lionel Melka, Directeur de l’analyse émetteur

   Lionel Tangy-Malca, Président Directeur Général

La crise du Covid-19 est exceptionnelle par sa nature et ses impacts.

Pour la première fois dans l’Histoire, la moitié de l’Humanité s’est retrouvée confinée, chaque mois de confinement mettant à l’arrêt environ le tiers des économies développées[1]. Pour la première fois également, l’Humanité traverse une crise économique organisée par ses gouvernements, dans le but de préserver la vie.

On pressent que « le monde d’après » ne pourra pas ressembler au monde d’avant.

Dans cet article, nous allons tenter d’agréger les différents « signaux faibles » pour discerner les impacts que cette crise pourrait avoir sur notre système économique et financier, sur nos croyances collectives et sur l’ordre politique actuel.

Un retour à la normale de l’activité économique nous semble improbable dans les deux prochaines années. D’une part, les foyers de contagion sont loin d’être éteints. D’autre part, même dans l’hypothèse favorable d’une extinction soudaine du virus, les séquelles du confinement, ainsi que la crainte liée au risque d’une « seconde vague », continueront à peser sur les attitudes de consommation et sur l’organisation du système de production.

Du côté de la demande, le niveau d’incertitude économique et la fermeture d’une partie de l’économie se traduisent par une hausse de l’épargne des ménages ainsi que par l’effondrement de l’investissement des entreprises.

La chute de la demande est amortie partiellement par les déficits fiscaux et les plans de relance sans précédent lancés par les principales banques centrales. Mais ces stimulus sont inégaux entre les pays. En particulier, les pays du Sud de l’Europe et les pays émergents qui sont confrontés à la conjonction d’une crise sanitaire, d’une récession économique et d’un durcissement de leurs conditions de financement.

Du côté de l’offre, les incertitudes sont également très grandes. La première inconnue concerne l’impact du confinement sur la santé de la population active, facteur déterminant sur la capacité productive de nos économies à long terme. La seconde inconnue concerne les chaînes de production, qui pourraient se trouver désorganisées à long terme par les défauts en cascade, la mise à l’arrêt des usines et la mise en chômage partiel des travailleurs.

Certaines entreprises chercheront à accroître leur résilience vis-à-vis de tels événements en adoptant des modes d’organisation agiles et en relocalisant (voire robotisant) leurs chaînes de production.

La composition de l’économie pourrait être structurellement modifiée. Le secteur de la high-tech, déjà florissant, devrait étendre son emprise. Cela posera de façon plus aigüe la question de la protection des données, de la défense du commerce de proximité ainsi que celle du statut de ces nouveaux « travailleurs indépendants » qui rejoindront les plateformes telles qu’Amazon ou Deliveroo.

Sur le plan financier, la grande question est celle de l’excès d’endettement.

L’activisme monétaire des années 2008-2020 a favorisé un endettement massif de la part des acteurs privés et des pays émergents. L’excès de dette des entreprises réduit en premier lieu le potentiel de croissance future du fait de ses effets négatifs sur l’investissement et l’embauche. La crise actuelle va poser en outre la question de la soutenabilité de ces dettes dans un contexte d’activité durablement déprimée.

Sur le plan sociétal, une des caractéristiques de cette crise est son caractère à la fois inattendu et choisi. De façon exceptionnelle, les gouvernements ont, avec le consentement des populations, décidé de mettre à l’arrêt une partie importante de la sphère marchande afin de préserver la santé publique.

Cet événement marque donc une rupture avec la « période néolibérale » des années 1970 où le recours marché permettait de réguler la vie sociale.

Pour une longue période, les individus, confinés dans la sphère familiale, sont amenés à redéfinir, à la fois individuellement et collectivement, leur identité en dehors de la sphère marchande. Cette période pourrait faire naître le désir d’un nouveau mode d’existence plus « frugal », respectueux de l’humain et de l’environnement. C’est aussi un moment de catharsis qui donne à certaines utopies, frustrations ou colères une occasion privilégiée de s’exprimer. La forme que prend la crise dans chaque nation dépend de son niveau de cohésion interne, du désir de vivre ensemble, de sa polarisation politique, ainsi que du niveau de confiance envers ses « élites ».

La crise actuelle exacerbe également les inégalités sociales : les pertes d’emploi sont concentrées au sein des populations vulnérables sur le marché du travail[2] (jeunes actifs, femmes, minorités ethniques, travailleurs peu qualifiés et précaires), tandis que la mortalité est plus élevée chez les travailleurs sociaux et les cols bleus[3]. Certaines propositions politiques visant à la réduction des inégalités, comme une fiscalité plus progressive, de nouvelles régulations du marché du travail ou l’instauration du revenu universel, ne manqueront pas de s’étendre dans le débat public.

En ce qui concerne le comportement des investisseurs, le monde d’après devrait donner lieu à un besoin accru de solutions visant à satisfaire la quête de sens. On voit la notion de Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) émerger comme un thème important. Les investissements de santé, de relocalisation, de solutions aux risques extrêmes et de bien-être dans les entreprises sont des thématiques auxquelles les investisseurs seront particulièrement sensibles.

Au niveau politique, cette crise marque une réhabilitation des Etats-nations et un nouvel affaiblissement du multilatéralisme. Un discours souverainiste a émergé de la part des leaders politiques, y compris de la part de ceux qui étaient avant crise les plus favorables à l’ordre mondialisé existant. Les notions de contrôle migratoire, de « patriotisme économique », de souveraineté alimentaire, médicale, industrielle, voire de protectionnisme, ont le vent en poupe.

Autre impact politique déterminant de cette crise, le tabou de la dette et du financement des déficits publics. Les milieux d’affaires nous avaient prédit l’Armageddon financier en cas de hausse supplémentaire des dettes publiques, cette prédiction servant à justifier des coupes budgétaires sans précédent. Pourtant, les sommes astronomiques mobilisées en quelques semaines par les grands pays développés se sont accompagnées d’une baisse favorable des taux longs pour tous les « émetteurs de qualité ».

La fin du tabou de la dette pourrait pousser les Etats à réengager des dépenses d’investissement public longtemps repoussées et encourager certains pays, comme la France, à contester les règles budgétaires de Maastricht.

Cette crise sonnera-t-elle la fin de la « deuxième mondialisation » entamée dans les années 1970 ?

Contrairement aux plans de relance coordonnés qui avaient suivi la crise des subprimes, les réponses sanitaires, fiscales et monétaires des Etats s’opèrent en ordre dispersé. Certaines nations (Italie et pays émergents notamment) découvrent une nouvelle fois leur vulnérabilité et pourraient être tentées de rompre avec l’ordre économique global. Face à la montée des périls, les nations garantes du multilatéralisme semblent pour l’instant impuissantes à apporter des solutions négociées. Pendant que les nations européennes sont occupées à colmater leurs multiples fractures, les deux puissances hégémoniques, Chine et Etats-Unis, se livrent d’ores et déjà une lutte d’influence dont l’enjeu est le contrôle du « monde d’après ».

Les indices précurseurs dont nous disposons pointent vers un monde d’après qui serait le produit d’une accélération des tendances d’avant.

Sur fond d’explosion des inégalités, la crise du Covid-19 alimente un environnement conflictuel de tout ordre, au sein des Etats, mais également entre les nations, qui existait avant la crise.

Il pourrait conduire à moyen terme à une intensification des conflits sociaux ainsi qu’à une remise en cause du multilatéralisme dans un contexte de crise des institutions européennes et de tension croissante des relations sino-américaines.

A plus long terme, ce retour des Etats-nations pourrait être le prélude à une refondation soutenable des échanges, du système monétaire et financier, dans l’inspiration des accords de Bretton Woods.

[1] Voir par exemple la note de conjoncture INSEE de mars 2020 https://www.insee.fr/fr/statistiques/4481462?sommaire=4473296

[2] Cajner, T., Crane, L. D., Decker, R., Grigsby, J., Hamins-Puertolas, A., Hurst, E.& Yildirmaz, A. (2020). The US Labor Market During the Beginning of the Pandemic Recession. University of Chicago, Becker Friedman Institute for Economics Working Paper, (2020-58).

[3] Voir l’article du Financial Times, “Male blue-collar workers twice as likely to die from Covid-19”, Delphine Strauss, 11 mai 2020.

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EVLI confirme sa stratégie malgré le coronavirus

 

 

COMMENTAIRE |  28. 05. 2020

Par Maunu Lehtimäki, CEO d’Evl.

Durant cette période sans précédent, Evli a réussi à maintenir son activité grâce à son plan de continuité et la mise en place du travail à distance ainsi que de nouvelles façons de conserver le lien avec ses clients. Parallèlement, et ceci malgré les turbulences du marché, l’ensemble des fonds d’Evli sont restés ouverts et toutes les opérations en cours ont été maintenues. De plus, les employés d’Evli ont réalisé des performances admirables durant cette période difficile.

Mise en place du plan de continuité d’activité dès le 25 février

Tout comme dans le reste du monde, la situation actuelle est sans précédent pour les pays nordiques et les effets du coronavirus se feront sentir pendant encore longtemps. Si l’impact n’a pas été aussi important ici qu’en Europe du Sud, l’incertitude et le débat subsistent quant à la bonne stratégie à adopter pour lutter contre la propagation du virus et rouvrir les économies en toute sécurité. Chez Evli, cela s’est traduit, entre autres, par la mise en place d’un plan de continuité d’activité, du télétravail ainsi que de nouveaux moyens de rester en contact avec les clients.

« Nous avons lancé notre plan de continuité d’activité le mardi 25 février. Il s’agit d’un plan de continuité statutaire que chaque institution financière doit préparer en cas de perturbation qui impacte ses activités. À partir de ce jour là, nous avons mis en place une procédure inédite chez Evli. Nous avons constitué un centre de commandement afin de coordonner les processus mis en place pour gérer la crise du coronavirus, nous avons élaboré des directives pour prévenir les infections en interne, nous avons demandé aux employés de travailler à distance et compilé un dossier pour informer nos clients sur la continuité de nos activités. En quelques semaines, tout notre personnel était passé au télétravail », explique Maunu Lehtimäki, CEO.

Tous les fonds sont restés ouverts malgré les turbulences sur les marchés

La capacité d’Evli à se transformer en une banque et une société de gestion purement virtuelle montre que les investissements effectués dans le développement de nos systèmes informatiques ces dernières années ont porté leurs fruits. Mais le plus important est que les opérations quotidiennes de la banque ont continué de fonctionner et ceci dès le début de cette crise.

Pour Maunu Lehtimäki, la banque Evli a jusqu’à présent réussi à maintenir le cap dans cette tempête du coronavirus. « Malgré les turbulences du marché, nous avons pu maintenir tous les fonds ouverts et poursuivre nos opérations en cours. Le personnel s’est comporté de manière exemplaire dans une situation extrêmement difficile, en se concentrant sur les opérations de marché, la communication active avec nos clients et la gestion quotidienne des tâches administratives ».

Toutes les mesures mises en place font parties d’un plan soigneusement réfléchi et l’objectif a toujours été d’assurer la rentabilité de la banque dans un environnement difficile. « Les activités d’Evli sont basées sur la confiance et les résultats de l’entreprise constituent en cela un signal clé. Si nous pouvons envisager quelques trimestres déficitaires, ils ne sont pas souhaitables pour maintenir la confiance de nos clients. Dès le mois de mars, nous avons pris un certain nombre de mesures d’ajustement pour alléger notre structure de coûts. Dans le cadre de ces mesures, le conseil d’administration et le comité exécutif, ainsi qu’une partie du personnel, ont volontairement réduit leurs rémunérations de manière temporaire. De nombreux employés ont aussi accepté d’utiliser leurs jours de congé et d’échanger leur indemnité contre des jours de congé supplémentaires », précise Maunu Lehtimäki.

A l’avenir, le modèle opérationnel sera hybride

De nouveaux modèles de fonctionnement ont été mis en place par Evli pour répondre à cette crise et diffèrent clairement des méthodes de travail traditionnelles de la banque. Pour Maunu Lehtimäki, ces nouveaux modèles n’auraient pas été envisageables dans des circonstances normales. « Evli étant une banque, une société de gestion de fonds et un gérant d’actifs, la société est tenue par la loi de maintenir ses activités en permanence. C’est pourquoi ces changements induits par la crise n’avaient pas pu être expérimentés par le passé. Cependant, tout s’est bien passé, voire mieux que ce nous aurions pu imaginer. Il n’y a pas eu d’interruption de l’activité et les employés ont été satisfaits. Et le travail d’équipe s’est également poursuivi dans de bonnes conditions ».

Dès lors, cela vaut-il la peine de revenir au précédent modèle de fonctionnement d’Evli ? « Nous ne reviendrons pas complètement en arrière. Au cours de ce dernier mois, nous avons réfléchi à l’opportunité d’installer certains aspects de notre approche actuelle dans notre manière de travailler à l’avenir. Mais nous n’abandonnerons pas non plus le bureau, car c’est un lieu essentiel pour rencontrer nos clients et échanger des idées entre collègues. Je prévois que le futur modèle de fonctionnement d’Evli sera un hybride qui combinera le travail à distance et au bureau ».

Le soutien des banques centrales fait gonfler la bulle boursière

Evli estime que le bénéfice d’exploitation de la banque pour cette année sera clairement positif, à condition que le marché reste au même niveau qu’au premier trimestre à fin mars. Si, en revanche, les conditions du marché devaient se détériorer davantage, Evli estime que le bénéfice d’exploitation sera simplement positif.

Les marchés se sont clairement redressés entre mars et avril – surtout aux États-Unis, où la valorisation de nombreuses actions du secteur technologique sont déjà à un niveau plus élevé qu’avant la crise. « Je crains toutefois que cela soit dû aux mesures de soutien sans précédent des banques centrales. L’économie réelle est liée aux résultats des entreprises et je ne pense pas que ceux-ci seront favorables. Les investisseurs doivent se préparer à ce que, même dans le meilleur des cas, les prix des actions connaissent une forte volatilité d’un trimestre à l’autre et qu’ils commencent probablement à baisser », commente Maunu Lehtimäki.

La situation est relativement bonne dans les pays nordiques. Pour Maunu Lehtimäki, cela résulte du fait qu’en moyenne, les entreprises nordiques sont en meilleure forme que les autres entreprises européennes. « Les pays nordiques ont également mis en œuvre des politiques adaptées pour limiter la propagation du virus. La Suède a certes suivi des mesures
différentes des pays voisins, mais même dans ce cas là, la politique mise en place jouit d’une grande popularité au niveau national. Il est encore trop tôt pour évaluer si un pays a fait mieux que les autres. On ne le saura que lorsqu’une immunité collective adéquate aura été obtenue grâce à un vaccin ou à des infections précédentes ».

Maunu Lehtimäki est confiant quant à l’avenir d’Evli. Bien qu’il n’y ait pas de retour possible à la situation du début d’année au niveau mondial et que les employés d’Evli ne puissent pas rencontrer leurs clients en personne aussi souvent qu’auparavant, les priorités stratégiques de la banque n’ont pas changé. Elles consistent toujours à accroître la commercialisation des fonds à l’international, dans les pays nordiques et dans d’autres pays européens, à augmenter sa part de marché sur les produits d’investissement alternatifs, à développer de nouveaux produits, et tout simplement à créer une expérience client unique..

 

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les actions B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.. Pour en savoir plus : www.evli.com

 

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HOMA CAPITAL – 1001 raisons de vendre un marché pourtant en hausse

PERSPECTIVES / N°40
Paris, le 18 mai 2020


Par Jean-Jacques Ohana, CFA, Directeur de la gestion

‘‘1001 raisons de vendre un marché pourtant en hausse : les raisons de cette résilience ’’

Depuis quelques temps, les raisons de vendre le marché ne manquent pas : divergence entre compartiments (grandes capitalisations contre petites capitalisations, style Growth contre Value), chute des bénéfices anticipés, vulnérabilité des dettes des pays émergents, fragilité financière et politique au sein de la zone euro, résurgence du COVID 19 dans les pays qui déconfinent, notamment en Asie.

Pourtant, les marchés boursiers affichent une résilience insolente face à cette accumulation de risques ; les indices S&P 500 et Euro Stoxx réalisant respectivement un rebond de 30% et de 22% depuis les plus bas du 18 mars.

La première raison se trouve dans les liquidités injectées par les banques centrales et notamment la Réserve Fédérale dont les rachats de dette financent intégralement le déficit américain en 2020. Cette liquidité massive injectée par la Fed atteint désormais le plus haut niveau de croissance annuelle depuis la décennie 1980 pour se déverser sur les actifs financiers.

Les marchés d’actions américaines (et notamment l’envolée des valeurs technologiques) incarnent la domination des États-Unis sur le monde. Les plans de relance américains visent non seulement la relance économique mais aussi le soutien de leur propre marché.

La deuxième raison de cette hausse, qui défie la gravité des fondamentaux et des risques, est la participation sans précédent des investisseurs privés, improvisés traders du Covid 19, profitant d’opportunités d’achat « à bon compte » pour revenirsur les marchés.

Cela explique, en particulier, pourquoi les flux se déversent sur les actions et beaucoup moins sur les marchés de la dette corporate, qui constitue pourtant une créance prioritaire sur les flux versés aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachat d’actions. Comme en témoigne la déconvenue de ce nouveau type d’investisseurs sur le pétrole américain, qui était passé en territoire négatif, les expériences d’engouement moutonnier pour le trading se terminent rarement en happy end pour le plus grand nombre. Espérons que cette nouvelle expérience échappe à la règle et que la réalité économique rattrapera la chimère du « rebond en V ».

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