HOMA CAPITAL – « Qui Perd, Gagne ! »

PERSPECTIVES
Paris, le 16 juin 2020


Par Jean-Jacques Ohana, CFA, Directeur de la gestion

Depuis trois semaines, les valeurs délaissées réduisent l’écart avec les titres de qualité sur toutes les dimensions :

  • Géographique avec la surperformance des actions européennes par rapport aux marchés américains (+17% contre 10% pour les secondes sur un mois)
  • Sectorielle avec la surperformance des secteurs cycliques (Banks, Auto) vis-à-vis des défensifs (Health Care, Food & Beverages)
  • Factorielle avec la sous-performance du facteur « qualité et solidité bilancielle » vs surperformance des sociétés les plus endettées aux Etats-Unis
  • Comportemental avec la performance de sociétés en faillite (Hertz +580% en trois jours de bourse), de sociétés soupçonnées de fraudes (Luckin Coffee, +155% la semaine dernière) ou des compagnies aériennes qui seraient en faillite sans aide des Etats (ETF JETS +60% de performance sur un mois, passage des actifs sous gestion de 45 millions de dollars à 1.7 Milliards de dollars depuis le 11 mars).

Les perspectives à long terme sur les marchés seraient toutefois porteuses d’un message positif.
La participation à la hausse des marchés s’est étoffée, couvrant désormais plusieurs zones géographiques et des secteurs autres que la Technologie ou la Santé.
Les marchés du crédit se sont considérablement améliorés avec de nouveau une surperformance locale des obligations les moins bien notées (notation CCC) et une détente des indicateurs d’aversion au risque.

Néanmoins, ce rattrapage se fait dans un contexte de déconnexion avec les fondamentaux des entreprises et dans une atmosphère d’exubérance moutonnière qui bouscule la raison.

Détente des indicateurs d’Aversion au Risque
(source : Homa Capital, Riskelia)

 

INFORMATIONS IMPORTANTES

Ce document est destiné aux investisseurs professionnels. Toutes les informations  disponibles sur le présent document ont un caractère purement informatif. Toutes les opinions exprimées sont  celles de HOMA CAPITAL et ne constituent pas de conseil en investissement. Les données disponibles sur le présent  document sont constituées à partir de sources réputées fiables mais n’ont pas été vérifiées par un organisme  indépendant. Elles ne constituent ni un élément contractuel, ni une proposition ou une incitation à l’investissement  ou à l’arbitrage. Les commentaires ne sauraient être considérés comme une sollicitation en vue de l’achat ou de la  vente d’instruments financiers mentionnés. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.  Nous recommandons avant toute décision d’investissement de vous informer auprès de HOMA CAPITAL.

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PGIM Real Estate – Evaluer l’impact du Covid-19 sur les marchés immobiliers

Paris, 12 juin 2020 – Peter Hayes, directeur monde de la recherche immobilière chez PGIM Real Estate, revient sur l’impact potentiel du Covid-19 sur les marchés immobiliers mondiaux. PGIM Real Estate est le bras armé en investissement immobilier de PGIM, la filiale de gestion d’actifs de l’assureur américain Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU) dont les encours sous gestion s’élèvent à environ 1 300 milliards de dollars.

De la même façon que les conséquences de la crise financière de 2008 sur l’économie mondiale sont encore aujourd’hui palpables – réglementation accrue du secteur bancaire, cycles de développement contraints, ratios d’endettement plus faibles que par le passé – il est probable que le Covid-19 ait un impact durable sur l’économie en général et le secteur immobilier en particulier.

Bien que la crise n’en soit toujours qu’à ses prémices dans de nombreuses régions du monde, il est d’ores et déjà possible de faire certaines observations sur sa nature ainsi que de dresser des hypothèses quant à ses implications pour les marchés immobiliers :

Nature de la crise

  • La crise a eu un impact sur l’économie mondiale d’une ampleur inédite en temps de paix.

La plupart des pays – développés comme émergents – ayant imposé des mesures de confinement strictes et des restrictions importantes à l’activité économique, la récession mondiale sera probablement bien plus sévère que lors de la crise financière de 2008.

  • Les économies et les marchés se redresseront avec le temps.

Une sortie de crise devrait toutefois se profiler à moyen terme, comme déjà constaté dans certaines parties de la région Asie-Pacifique, grâce à une combinaison de facteurs tels qu’un taux de reproduction plus faible de la maladie, l’adaptation progressive des systèmes de santé, la mise au point d’un traitement ou d’un vaccin efficace, ou le phénomène d’immunité collective.

  • Les prérogatives des pouvoirs publics ont été considérablement étendues.

Des actions politiques qui, il y a quelques mois encore, auraient été considérées inconcevables – du confinement imposé par les gouvernements aux plans de relance monétaire colossaux mis en place, en passant par les importantes mesures déployées en termes de soutien aux entreprises et aux ménages  – sont rapidement devenues la norme à travers le monde. Cependant, l’un des enseignements de la politique d’assouplissement quantitatif (QE) menée suite à la crise financière de 2008 est qu’il est très difficile de sortir de telles mesures une fois celles-ci intégrées au système économique. Il est probable qu’il en soit de même cette fois-ci s’agissant des divers plans de soutien et mesures de contrôle décidés par les pouvoirs publics dans le contexte du Covid-19. En outre, ces mesures devraient faire s’envoler les ratios de dette publique sur PIB de nombreux pays dans le monde entier d’ici la fin de cette année.

  • L’impact sociétal est particulièrement fort en Europe et aux États-Unis.

Le Covid-19 est en train d’avoir un impact sociétal significatif sur la plupart des grands pays du monde, développés comme émergents. L’impact devrait toutefois s’avérer plus fort en Europe et aux États-Unis qu’en Asie-Pacifique, où de nombreux pays disposaient déjà de solides protocoles de lutte contre les pandémies, grâce à l’expérience acquise lors des crises de santé publique de ces dernières décennies, notamment celles du SRAS et du MERS.

Impact sur les marchés immobiliers

  • Le secteur immobilier est sorti renforcé de la crise financière de 2008.

Si une propagation de la crise à l’immobilier ne peut être exclue, le secteur paraît mieux préparé pour affronter la crise actuelle qu’il ne l’était pré-2008, notamment grâce à son institutionnalisation. Divers facteurs tels qu’une meilleure gouvernance, des réglementations plus strictes et un effet de levier plus faible employé au cours du dernier cycle font que les investisseurs sont, dans l’ensemble, mieux préparés pour faire face à la tempête qui s’annonce.

  • Certains segments des marchés immobiliers locatifs vont être particulièrement impactés.

Les secteurs immobiliers dont la demande repose sur une utilisation intensive des espaces vont être durablement impactés. L’effet sera le plus prononcé pendant la crise sanitaire elle-même, la législation en vigueur dans certains pays d’Europe et des Etats-Unis permettant à de nombreux locataires de suspendre le paiement de leur loyer jusqu’à ce que les conditions d’occupation se normalisent. L’impact devrait également persister durant la période d’inquiétude et d’incertitude vis-à-vis d’une potentielle résurgence du virus qui s’en suivra. Le commerce de détail, les loisirs, l’hôtellerie le co-working comptent parmi les secteurs les plus exposés à la crise, même si tous en ressentiront à un moment ou un autre les effets.

  • Les tendances actuelles devraient s’accélérer.

La pandémie de Covid-19 devrait accélérer et exacerber plusieurs tendances de fond sur lesquelles les investisseurs immobiliers avaient déjà commencé à capitaliser ces dernières années :

  • L’essor du e-commerce. Au-delà des fermetures de court terme, les mesures de distanciation sociale constituent une menace importante pour le commerce physique. Déjà mis à mal par la croissance du e-commerce, les retailers vont être confrontés à des difficultés supplémentaires et le déclin des taux d’occupation et des valeurs vénales amorcé ces dernières années devrait se poursuivre.
  • L’amélioration des chaînes d’approvisionnement. Le commerce – tant physique qu’en ligne – ainsi que les opérateurs logistiques sont sous pression pour améliorer la résilience des chaînes d’approvisionnement et accroître leur capacité à répondre aux demandes de leurs clients.
  • Les pratiques de travail flexibles. Pour de nombreuses entreprises de services, le Covid-19 sert de test grandeur nature du déploiement généralisé du télétravail. S’il ne faut pas surestimer l’impact durable du Covid-19 sur les pratiques de travail, il est probable que de nombreuses entreprises réalisent qu’elles peuvent réduire leur utilisation d’espaces de bureau via une efficacité opérationnelle accrue et l’optimisation des modalités de télétravail.
  • Les dynamiques de long terme restent les mêmes.

La crise étant de nature exogène, les facteurs de long terme existants qui influencent le processus de formation des prix et créent les opportunités dans le secteur immobilier, tels que le vieillissement de la population, la diminution de la part des actifs et la croissance plus faible de la productivité, ne sont dans l’ensemble pas affectés. Par ailleurs, bien qu’il soit possible que l’inflation augmente temporairement, la crise actuelle ne devrait pas entraîner une remontée spectaculaire des taux d’intérêt. En effet, si la prime de risque augmente en raison des incertitudes relatives aux flux de trésorerie à court terme, il n’existe aucune raison structurelle pour qu’elle reste durablement plus élevée qu’avant la crise.

  • Des opportunités se présenteront au sortir de la crise.

Même si la crise s’avère grave et que le retour à la normale prend un certain temps, des opportunités à des prix attractifs devraient bientôt se présenter aux investisseurs disposant de réserves de capital immédiatement disponibles. Une fois la chute des prix terminée, ou si les marchés évitent de graves dommages, les investisseurs devraient ensuite revenir à la plupart des thèmes structurels qui ont dominé le paysage de l’investissement immobilier ces dernières années, à savoir notamment l’expansion de la logistique, la demande pour le secteur résidentiel locatif et les stratégies d’investissement socialement responsables.

A propos de PGIM Real Estate

PGIM Real Estate est l’un des plus importants investisseurs immobiliers au monde, avec 179,4 milliards de dollars d’actifs bruts sous gestion et administration*. PGIM Real Estate s’efforce d’offrir à ses clients investisseurs et emprunteurs des résultats exceptionnels grâce à une large gamme de solutions d’investissement et de financement couvrant l’ensemble du spectre risque-rendement. PGIM Real Estate est le bras armé en investissement immobilier de PGIM, filiale de gestion d’actifs internationale de Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU) dont les encours sous gestion s’élèvent à 1 300 milliards de dollars.

L’expérience de PGIM Real Estate dans la gestion des risques, sa capacité d’exécution et sa connaissance approfondie des marchés immobiliers s’appuie sur un historique de plus de 50 ans dans l’investissement en immobilier direct, de plus de 140 ans dans le financement immobilier** ainsi que sur l’expertise locale de ses professionnels répartis dans 32 villes par-delà le monde entier. Via une approche différenciée en matière d’investissement, de financement et de gestion d’actifs, PGIM Real Estate s’engage dans des pratiques ayant un impact environnemental et social positif et s’efforce de renforcer les liens entre communautés dans le monde entier. Pour plus d’informations, visitez le site www.pgimrealestate.com.

*au 31 mars 2020, dont 37,9 milliards de dollars d’actifs sous administration
**incluant l’héritage de la société mère de PGIM, PFI

A propos de PGIM

PGIM, la société de gestion d’actifs de Prudential Financial, Inc. (NYSE : PRU), se classe parmi les 10 premiers gestionnaires d’actifs au monde* avec plus de 130 milliards de dollars d’actifs sous gestion au 31 décembre 2019. PGIM offre une gamme de solutions d’investissement aux particuliers et aux investisseurs institutionnels du monde entier parmi un large éventail de classes d’actifs incluant notamment les actions, les obligations, la dette privée, les actifs réels et les investissements alternatifs. PGIM dispose de bureaux répartis dans 16 pays et quatre continents. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.pgim.com

Prudential Financial, Inc. (PFI) est une société américaine et n’est affilié ni à Prudential plc ni à Prudential Assurance Company, filiale de M&G plc, qui sont des sociétés domiciliées au Royaume-Uni. Pour plus d’informations, veuillez consulter le site news.prudential.com.

*Classement des plus importants gestionnaires d’actifs au monde (Pensions & Investments, 27 mai 2019) ; basé sur le montant global des actifs sous gestion pour le compte d’investisseurs institutionnels de Prudential Financial Inc. au 31 décembre 2018. L’encours des actifs sous gestion rapporté est fondé sur des estimations établies par la société et est sujet à variation.

Émis par PGIM Limited. Siège social : Grand Buildings, 1-3 Strand, Trafalgar Square, Londres, WC2N 5HR. PGIM Limited est autorisé et réglementé par la Financial Conduct Authority du Royaume-Uni (numéro de référence de la société 193418) et est dûment autorisé dans diverses juridictions de l’Espace économique européen.

Pour en savoir plus sur PGIM Real Estate : pgimrealestate.com

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EVLI – Revue mensuelle juin 2020

COMMENTAIRE |  05. 06. 2020

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

La vie reprend peu à peu son cours

En mai, la fin progressive du confinement dans de nombreux pays a permis aux populations de se déplacer à nouveau. Malgré cela, les restrictions sur les voyages et les rassemblements publics, la réglementation des horaires d’ouverture des restaurants et les recommandations quant à l’utilisation de masques de protection restent encore en vigueur dans de nombreux pays. L’économie commence toutefois à se redresser et l’activité dans les secteurs qui étaient auparavant au point mort commence à reprendre.

L’assouplissement des restrictions a immédiatement entraîné une légère augmentation du taux d’infection dans certains pays. À l’approche de l’été, il reste à voir dans quelle mesure le nombre de personnes infectées augmentera ou si une deuxième vague plus importante arrivera peut-être à l’automne, voire l’hiver prochain. Dans de nombreux pays émergents tels que le Brésil, la Russie et l’Inde, les taux d’infection continuent en effet d’augmenter.

Les ravages causés par la pandémie sur l’économie mondiale commencent maintenant à prendre forme. Les États-Unis ont perdu plus de 20 millions d’emplois et le chômage est passé à près de 20 %. Et la situation devrait continuer à se détériorer. Ainsi, le commerce de détail s’est contracté de 16 % en avril et la production industrielle de 11 %. La baisse du PIB au premier trimestre a quant à elle atteint 5 %.

Le chômage dans la zone euro n’a pas encore augmenté aussi fortement qu’au États-Unis en raison de la structure différente du marché du travail. Toutefois, on s’attend à ce que le chômage passe de 7,4 % actuellement à 10 %. Le commerce de détail et la production industrielle se sont également contractés de 11 %. Selon les premières estimations, l’économie de la zone euro s’est contractée d’environ 4 % entre janvier et mars.

Néanmoins, les enquêtes publiées en mai constatent une légère amélioration de la confiance de l’industrie et des consommateurs, tant aux États-Unis qu’en Europe.

La pandémie du coronavirus était-elle un tsunami ou un ouragan ?

À mesure que la situation s’améliore concernant le coronavirus, l’attention se tourne vers l’avenir. Est-ce qu’une pandémie virale qui sort de nulle part restera un évènement exceptionnel ? Le retour du Covid-19 s’intensifiera-t-il ? Ou de nouvelles pandémies verront-elles le jour ?

Il y a aujourd’hui de bonnes chances de trouver un vaccin ou un médicament pour lutter contre le virus du SRAS-CoV-2 et cet espoir a renforcé l’optimisme des marchés. Bien que la mise au point et l’introduction d’un vaccin contre le coronavirus puissent prendre un certain temps, les efforts déployés permettent de rester optimiste pour l’avenir.

Cependant, les effets durables de cette crise sur l’économie mondiale se font ressentir non seulement dans le secteur du tourisme, mais aussi dans les habitudes de consommation et dans les chaînes de production industrielle.

Des progrès ont été réalisés dans le cadre du programme de soutien de l’UE visant à parer aux dommages causés à l’économie. La Commission européenne a augmenté de 250 milliards d’euros l’enveloppe de soutien de 500 milliards d’euros proposée par la France et l’Allemagne. Les décisions relatives à la mise en œuvre de ce plan sont attendues lors du sommet européen des 18 et 19 juin prochains. L’ampleur de l’aide est toutefois encore éclipsée par les mesures d’aide américaines. L’Europe a également besoin de mesures monétaires et structurelles supplémentaires.

L’enthousiasme de l’UE autour des négociations du Brexit risque également d’être éclipsé par ces projets de relance. Ces négociations ont été difficiles et un report du Brexit est toujours possible.

A quoi devons-nous nous attendre maintenant ?

Les principaux facteurs de risque des perspectives économiques mondiales pour le reste de l’année sont le chômage qui reste élevé aux États-Unis et en Europe, une augmentation plus importante que prévue des faillites, l’escalade dans la guerre commerciale et autres différends entre les États-Unis et la Chine, la faiblesse de l’économie italienne et un Brexit « dur ».

Quant aux opportunités et aux facteurs positifs, nous pouvons mentionner une percée rapide dans la recherche pour un médicament ou un vaccin contre les coronavirus, une reprise de l’activité et de la demande économique mondiale ainsi qu’un redressement des performances des entreprises.

Graphique : L’indice MSCI World est revenu au-dessus de la moyenne mobile de 200 jours

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019).

La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

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HOMA CAPITAL – Covid-19 : les signaux précurseurs du monde d’après

COMMENTAIRE
Paris, le 28 mai 2020


Document rédigé par :

   Jean-Claude Mailly, administrateur

   Jean-Martin Cohen-Solal, administrateur

   Steve Ohana, administrateur

   Lionel Melka, Directeur de l’analyse émetteur

   Lionel Tangy-Malca, Président Directeur Général

La crise du Covid-19 est exceptionnelle par sa nature et ses impacts.

Pour la première fois dans l’Histoire, la moitié de l’Humanité s’est retrouvée confinée, chaque mois de confinement mettant à l’arrêt environ le tiers des économies développées[1]. Pour la première fois également, l’Humanité traverse une crise économique organisée par ses gouvernements, dans le but de préserver la vie.

On pressent que « le monde d’après » ne pourra pas ressembler au monde d’avant.

Dans cet article, nous allons tenter d’agréger les différents « signaux faibles » pour discerner les impacts que cette crise pourrait avoir sur notre système économique et financier, sur nos croyances collectives et sur l’ordre politique actuel.

Un retour à la normale de l’activité économique nous semble improbable dans les deux prochaines années. D’une part, les foyers de contagion sont loin d’être éteints. D’autre part, même dans l’hypothèse favorable d’une extinction soudaine du virus, les séquelles du confinement, ainsi que la crainte liée au risque d’une « seconde vague », continueront à peser sur les attitudes de consommation et sur l’organisation du système de production.

Du côté de la demande, le niveau d’incertitude économique et la fermeture d’une partie de l’économie se traduisent par une hausse de l’épargne des ménages ainsi que par l’effondrement de l’investissement des entreprises.

La chute de la demande est amortie partiellement par les déficits fiscaux et les plans de relance sans précédent lancés par les principales banques centrales. Mais ces stimulus sont inégaux entre les pays. En particulier, les pays du Sud de l’Europe et les pays émergents qui sont confrontés à la conjonction d’une crise sanitaire, d’une récession économique et d’un durcissement de leurs conditions de financement.

Du côté de l’offre, les incertitudes sont également très grandes. La première inconnue concerne l’impact du confinement sur la santé de la population active, facteur déterminant sur la capacité productive de nos économies à long terme. La seconde inconnue concerne les chaînes de production, qui pourraient se trouver désorganisées à long terme par les défauts en cascade, la mise à l’arrêt des usines et la mise en chômage partiel des travailleurs.

Certaines entreprises chercheront à accroître leur résilience vis-à-vis de tels événements en adoptant des modes d’organisation agiles et en relocalisant (voire robotisant) leurs chaînes de production.

La composition de l’économie pourrait être structurellement modifiée. Le secteur de la high-tech, déjà florissant, devrait étendre son emprise. Cela posera de façon plus aigüe la question de la protection des données, de la défense du commerce de proximité ainsi que celle du statut de ces nouveaux « travailleurs indépendants » qui rejoindront les plateformes telles qu’Amazon ou Deliveroo.

Sur le plan financier, la grande question est celle de l’excès d’endettement.

L’activisme monétaire des années 2008-2020 a favorisé un endettement massif de la part des acteurs privés et des pays émergents. L’excès de dette des entreprises réduit en premier lieu le potentiel de croissance future du fait de ses effets négatifs sur l’investissement et l’embauche. La crise actuelle va poser en outre la question de la soutenabilité de ces dettes dans un contexte d’activité durablement déprimée.

Sur le plan sociétal, une des caractéristiques de cette crise est son caractère à la fois inattendu et choisi. De façon exceptionnelle, les gouvernements ont, avec le consentement des populations, décidé de mettre à l’arrêt une partie importante de la sphère marchande afin de préserver la santé publique.

Cet événement marque donc une rupture avec la « période néolibérale » des années 1970 où le recours marché permettait de réguler la vie sociale.

Pour une longue période, les individus, confinés dans la sphère familiale, sont amenés à redéfinir, à la fois individuellement et collectivement, leur identité en dehors de la sphère marchande. Cette période pourrait faire naître le désir d’un nouveau mode d’existence plus « frugal », respectueux de l’humain et de l’environnement. C’est aussi un moment de catharsis qui donne à certaines utopies, frustrations ou colères une occasion privilégiée de s’exprimer. La forme que prend la crise dans chaque nation dépend de son niveau de cohésion interne, du désir de vivre ensemble, de sa polarisation politique, ainsi que du niveau de confiance envers ses « élites ».

La crise actuelle exacerbe également les inégalités sociales : les pertes d’emploi sont concentrées au sein des populations vulnérables sur le marché du travail[2] (jeunes actifs, femmes, minorités ethniques, travailleurs peu qualifiés et précaires), tandis que la mortalité est plus élevée chez les travailleurs sociaux et les cols bleus[3]. Certaines propositions politiques visant à la réduction des inégalités, comme une fiscalité plus progressive, de nouvelles régulations du marché du travail ou l’instauration du revenu universel, ne manqueront pas de s’étendre dans le débat public.

En ce qui concerne le comportement des investisseurs, le monde d’après devrait donner lieu à un besoin accru de solutions visant à satisfaire la quête de sens. On voit la notion de Responsabilité Sociale d’Entreprise (RSE) émerger comme un thème important. Les investissements de santé, de relocalisation, de solutions aux risques extrêmes et de bien-être dans les entreprises sont des thématiques auxquelles les investisseurs seront particulièrement sensibles.

Au niveau politique, cette crise marque une réhabilitation des Etats-nations et un nouvel affaiblissement du multilatéralisme. Un discours souverainiste a émergé de la part des leaders politiques, y compris de la part de ceux qui étaient avant crise les plus favorables à l’ordre mondialisé existant. Les notions de contrôle migratoire, de « patriotisme économique », de souveraineté alimentaire, médicale, industrielle, voire de protectionnisme, ont le vent en poupe.

Autre impact politique déterminant de cette crise, le tabou de la dette et du financement des déficits publics. Les milieux d’affaires nous avaient prédit l’Armageddon financier en cas de hausse supplémentaire des dettes publiques, cette prédiction servant à justifier des coupes budgétaires sans précédent. Pourtant, les sommes astronomiques mobilisées en quelques semaines par les grands pays développés se sont accompagnées d’une baisse favorable des taux longs pour tous les « émetteurs de qualité ».

La fin du tabou de la dette pourrait pousser les Etats à réengager des dépenses d’investissement public longtemps repoussées et encourager certains pays, comme la France, à contester les règles budgétaires de Maastricht.

Cette crise sonnera-t-elle la fin de la « deuxième mondialisation » entamée dans les années 1970 ?

Contrairement aux plans de relance coordonnés qui avaient suivi la crise des subprimes, les réponses sanitaires, fiscales et monétaires des Etats s’opèrent en ordre dispersé. Certaines nations (Italie et pays émergents notamment) découvrent une nouvelle fois leur vulnérabilité et pourraient être tentées de rompre avec l’ordre économique global. Face à la montée des périls, les nations garantes du multilatéralisme semblent pour l’instant impuissantes à apporter des solutions négociées. Pendant que les nations européennes sont occupées à colmater leurs multiples fractures, les deux puissances hégémoniques, Chine et Etats-Unis, se livrent d’ores et déjà une lutte d’influence dont l’enjeu est le contrôle du « monde d’après ».

Les indices précurseurs dont nous disposons pointent vers un monde d’après qui serait le produit d’une accélération des tendances d’avant.

Sur fond d’explosion des inégalités, la crise du Covid-19 alimente un environnement conflictuel de tout ordre, au sein des Etats, mais également entre les nations, qui existait avant la crise.

Il pourrait conduire à moyen terme à une intensification des conflits sociaux ainsi qu’à une remise en cause du multilatéralisme dans un contexte de crise des institutions européennes et de tension croissante des relations sino-américaines.

A plus long terme, ce retour des Etats-nations pourrait être le prélude à une refondation soutenable des échanges, du système monétaire et financier, dans l’inspiration des accords de Bretton Woods.

[1] Voir par exemple la note de conjoncture INSEE de mars 2020 https://www.insee.fr/fr/statistiques/4481462?sommaire=4473296

[2] Cajner, T., Crane, L. D., Decker, R., Grigsby, J., Hamins-Puertolas, A., Hurst, E.& Yildirmaz, A. (2020). The US Labor Market During the Beginning of the Pandemic Recession. University of Chicago, Becker Friedman Institute for Economics Working Paper, (2020-58).

[3] Voir l’article du Financial Times, “Male blue-collar workers twice as likely to die from Covid-19”, Delphine Strauss, 11 mai 2020.

Informations importantes

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HOMA CAPITAL SA est une société de gestion de portefeuille, agréée par l’AMF sous le n° GP-11000002 en date du 13 janvier 2011, son siège social est situé au 37, avenue Pierre 1er de Serbie – 75008 Paris. Elle est immatriculée au registre du commerce et des sociétés de la ville de Paris sous le n° B524 396 348.

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EVLI confirme sa stratégie malgré le coronavirus

 

 

COMMENTAIRE |  28. 05. 2020

Par Maunu Lehtimäki, CEO d’Evl.

Durant cette période sans précédent, Evli a réussi à maintenir son activité grâce à son plan de continuité et la mise en place du travail à distance ainsi que de nouvelles façons de conserver le lien avec ses clients. Parallèlement, et ceci malgré les turbulences du marché, l’ensemble des fonds d’Evli sont restés ouverts et toutes les opérations en cours ont été maintenues. De plus, les employés d’Evli ont réalisé des performances admirables durant cette période difficile.

Mise en place du plan de continuité d’activité dès le 25 février

Tout comme dans le reste du monde, la situation actuelle est sans précédent pour les pays nordiques et les effets du coronavirus se feront sentir pendant encore longtemps. Si l’impact n’a pas été aussi important ici qu’en Europe du Sud, l’incertitude et le débat subsistent quant à la bonne stratégie à adopter pour lutter contre la propagation du virus et rouvrir les économies en toute sécurité. Chez Evli, cela s’est traduit, entre autres, par la mise en place d’un plan de continuité d’activité, du télétravail ainsi que de nouveaux moyens de rester en contact avec les clients.

« Nous avons lancé notre plan de continuité d’activité le mardi 25 février. Il s’agit d’un plan de continuité statutaire que chaque institution financière doit préparer en cas de perturbation qui impacte ses activités. À partir de ce jour là, nous avons mis en place une procédure inédite chez Evli. Nous avons constitué un centre de commandement afin de coordonner les processus mis en place pour gérer la crise du coronavirus, nous avons élaboré des directives pour prévenir les infections en interne, nous avons demandé aux employés de travailler à distance et compilé un dossier pour informer nos clients sur la continuité de nos activités. En quelques semaines, tout notre personnel était passé au télétravail », explique Maunu Lehtimäki, CEO.

Tous les fonds sont restés ouverts malgré les turbulences sur les marchés

La capacité d’Evli à se transformer en une banque et une société de gestion purement virtuelle montre que les investissements effectués dans le développement de nos systèmes informatiques ces dernières années ont porté leurs fruits. Mais le plus important est que les opérations quotidiennes de la banque ont continué de fonctionner et ceci dès le début de cette crise.

Pour Maunu Lehtimäki, la banque Evli a jusqu’à présent réussi à maintenir le cap dans cette tempête du coronavirus. « Malgré les turbulences du marché, nous avons pu maintenir tous les fonds ouverts et poursuivre nos opérations en cours. Le personnel s’est comporté de manière exemplaire dans une situation extrêmement difficile, en se concentrant sur les opérations de marché, la communication active avec nos clients et la gestion quotidienne des tâches administratives ».

Toutes les mesures mises en place font parties d’un plan soigneusement réfléchi et l’objectif a toujours été d’assurer la rentabilité de la banque dans un environnement difficile. « Les activités d’Evli sont basées sur la confiance et les résultats de l’entreprise constituent en cela un signal clé. Si nous pouvons envisager quelques trimestres déficitaires, ils ne sont pas souhaitables pour maintenir la confiance de nos clients. Dès le mois de mars, nous avons pris un certain nombre de mesures d’ajustement pour alléger notre structure de coûts. Dans le cadre de ces mesures, le conseil d’administration et le comité exécutif, ainsi qu’une partie du personnel, ont volontairement réduit leurs rémunérations de manière temporaire. De nombreux employés ont aussi accepté d’utiliser leurs jours de congé et d’échanger leur indemnité contre des jours de congé supplémentaires », précise Maunu Lehtimäki.

A l’avenir, le modèle opérationnel sera hybride

De nouveaux modèles de fonctionnement ont été mis en place par Evli pour répondre à cette crise et diffèrent clairement des méthodes de travail traditionnelles de la banque. Pour Maunu Lehtimäki, ces nouveaux modèles n’auraient pas été envisageables dans des circonstances normales. « Evli étant une banque, une société de gestion de fonds et un gérant d’actifs, la société est tenue par la loi de maintenir ses activités en permanence. C’est pourquoi ces changements induits par la crise n’avaient pas pu être expérimentés par le passé. Cependant, tout s’est bien passé, voire mieux que ce nous aurions pu imaginer. Il n’y a pas eu d’interruption de l’activité et les employés ont été satisfaits. Et le travail d’équipe s’est également poursuivi dans de bonnes conditions ».

Dès lors, cela vaut-il la peine de revenir au précédent modèle de fonctionnement d’Evli ? « Nous ne reviendrons pas complètement en arrière. Au cours de ce dernier mois, nous avons réfléchi à l’opportunité d’installer certains aspects de notre approche actuelle dans notre manière de travailler à l’avenir. Mais nous n’abandonnerons pas non plus le bureau, car c’est un lieu essentiel pour rencontrer nos clients et échanger des idées entre collègues. Je prévois que le futur modèle de fonctionnement d’Evli sera un hybride qui combinera le travail à distance et au bureau ».

Le soutien des banques centrales fait gonfler la bulle boursière

Evli estime que le bénéfice d’exploitation de la banque pour cette année sera clairement positif, à condition que le marché reste au même niveau qu’au premier trimestre à fin mars. Si, en revanche, les conditions du marché devaient se détériorer davantage, Evli estime que le bénéfice d’exploitation sera simplement positif.

Les marchés se sont clairement redressés entre mars et avril – surtout aux États-Unis, où la valorisation de nombreuses actions du secteur technologique sont déjà à un niveau plus élevé qu’avant la crise. « Je crains toutefois que cela soit dû aux mesures de soutien sans précédent des banques centrales. L’économie réelle est liée aux résultats des entreprises et je ne pense pas que ceux-ci seront favorables. Les investisseurs doivent se préparer à ce que, même dans le meilleur des cas, les prix des actions connaissent une forte volatilité d’un trimestre à l’autre et qu’ils commencent probablement à baisser », commente Maunu Lehtimäki.

La situation est relativement bonne dans les pays nordiques. Pour Maunu Lehtimäki, cela résulte du fait qu’en moyenne, les entreprises nordiques sont en meilleure forme que les autres entreprises européennes. « Les pays nordiques ont également mis en œuvre des politiques adaptées pour limiter la propagation du virus. La Suède a certes suivi des mesures
différentes des pays voisins, mais même dans ce cas là, la politique mise en place jouit d’une grande popularité au niveau national. Il est encore trop tôt pour évaluer si un pays a fait mieux que les autres. On ne le saura que lorsqu’une immunité collective adéquate aura été obtenue grâce à un vaccin ou à des infections précédentes ».

Maunu Lehtimäki est confiant quant à l’avenir d’Evli. Bien qu’il n’y ait pas de retour possible à la situation du début d’année au niveau mondial et que les employés d’Evli ne puissent pas rencontrer leurs clients en personne aussi souvent qu’auparavant, les priorités stratégiques de la banque n’ont pas changé. Elles consistent toujours à accroître la commercialisation des fonds à l’international, dans les pays nordiques et dans d’autres pays européens, à augmenter sa part de marché sur les produits d’investissement alternatifs, à développer de nouveaux produits, et tout simplement à créer une expérience client unique..

 

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les actions B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.. Pour en savoir plus : www.evli.com

 

A destination exclusive de la presse.

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Céline Bruggeman / Justine Gloaguen
06 87 52 71 99 / 06 34 01 68 43
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HOMA CAPITAL – 1001 raisons de vendre un marché pourtant en hausse

PERSPECTIVES / N°40
Paris, le 18 mai 2020


Par Jean-Jacques Ohana, CFA, Directeur de la gestion

‘‘1001 raisons de vendre un marché pourtant en hausse : les raisons de cette résilience ’’

Depuis quelques temps, les raisons de vendre le marché ne manquent pas : divergence entre compartiments (grandes capitalisations contre petites capitalisations, style Growth contre Value), chute des bénéfices anticipés, vulnérabilité des dettes des pays émergents, fragilité financière et politique au sein de la zone euro, résurgence du COVID 19 dans les pays qui déconfinent, notamment en Asie.

Pourtant, les marchés boursiers affichent une résilience insolente face à cette accumulation de risques ; les indices S&P 500 et Euro Stoxx réalisant respectivement un rebond de 30% et de 22% depuis les plus bas du 18 mars.

La première raison se trouve dans les liquidités injectées par les banques centrales et notamment la Réserve Fédérale dont les rachats de dette financent intégralement le déficit américain en 2020. Cette liquidité massive injectée par la Fed atteint désormais le plus haut niveau de croissance annuelle depuis la décennie 1980 pour se déverser sur les actifs financiers.

Les marchés d’actions américaines (et notamment l’envolée des valeurs technologiques) incarnent la domination des États-Unis sur le monde. Les plans de relance américains visent non seulement la relance économique mais aussi le soutien de leur propre marché.

La deuxième raison de cette hausse, qui défie la gravité des fondamentaux et des risques, est la participation sans précédent des investisseurs privés, improvisés traders du Covid 19, profitant d’opportunités d’achat « à bon compte » pour revenirsur les marchés.

Cela explique, en particulier, pourquoi les flux se déversent sur les actions et beaucoup moins sur les marchés de la dette corporate, qui constitue pourtant une créance prioritaire sur les flux versés aux actionnaires sous forme de dividendes ou de rachat d’actions. Comme en témoigne la déconvenue de ce nouveau type d’investisseurs sur le pétrole américain, qui était passé en territoire négatif, les expériences d’engouement moutonnier pour le trading se terminent rarement en happy end pour le plus grand nombre. Espérons que cette nouvelle expérience échappe à la règle et que la réalité économique rattrapera la chimère du « rebond en V ».

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EVLI – Marché du crédit court-terme

 

 

COMMENTAIRE |  12. 05. 2020

Par Juhamatti Pukka, Directeur du Fixed Income chez Evli et gérant du fonds Evli Short Corporate Bond.

Marché du crédit court-terme : la sous-valorisation est le plus court chemin pour générer des rendements intéressants

Le crédit court terme constitue habituellement le segment le plus résilient du marché du crédit. Les rendements y sont normalement sûrs et réguliers. Mais la crise liée au Covid-19 a produit un nouvel environnement étrange où tout est inversé et où les crédits court terme s’échangent difficilement. Ce qui faisait la force de ce segment le fait aujourd’hui souffrir de manière disproportionnée. Le crédit court terme a en effet été victime de son propre succès.

Mais nous pensons que la partie courte de la courbe est aujourd’hui mal valorisée et qu’elle offre toujours des rendements ajustés du risque très intéressants. Et voici pourquoi :

1/ Valorisation : des difficultés de détermination des prix, ainsi que la faible liquidité ont fini par entrainer une fixation des prix des obligations courtes bien en-dessous de leur valeur fondamentale.

2/ Des rendements élevés : nous assistons actuellement à des niveaux de rendement absolus et relatifs très élevés qui n’avaient pas été observés depuis longtemps.

3/ Actions des banques centrales : les mesures prises par les banques centrales soutiennent aussi le sentiment des investisseurs et les échanges sur la partie courte de la courbe.

4/ Fondamentaux : les entreprises détenues en portefeuille disposent d’une capacité de trésorerie à court terme qui nous semble suffisante.

Fuite vers la liquidité : il est plus facile de trouver des acheteurs pour les actifs de qualité

Pourquoi alors la partie courte de la courbe des taux a-t-elle autant souffert ? Étant donné que le segment court terme est généralement la partie la plus liquide de la courbe, de nombreux investisseurs ont considéré leurs actifs à court terme comme la meilleure source de liquidité. Mais comme les investisseurs à court terme ne sont pas habitués à une baisse extrême des prix, il était plus urgent pour eux de vendre leurs positions. Et soyons réalistes : il est mentalement plus facile de vendre une obligation à court terme qui se négocie encore près de sa valeur nominale, plutôt que de demander à des traders nerveux des offres sur des obligations plus volatiles et plus longues qui étaient déjà bien en-dessous de la valeur nominale.

Aujourd’hui, avec la stabilisation des marchés et un certain rebond, les investisseurs essaient de se sortir de l’impasse du total-return et ils amassent des obligations très longues en vue de gains à court terme au cas où la diminution des spreads se poursuivrait.

La crise a ainsi entrainé un événement rare : les courbes de crédit sont devenues plates pour de nombreux émetteurs. Aux heures les plus sombres, certaines courbes ont même été inversées. Mais pas de panique : l’appréciation des obligations liée à un rapprochement des maturités devrait connaître une progression rapide, ce qui améliorera considérablement le rendement des obligations courtes. En revanche, les obligations à long terme continueront de présenter un risque de crédit plus important qui va de pair avec le facteur temps, la sensibilité et les échéances intermédiaires.

Tout au long de cette période, nos fonds à court terme ont réussi à maintenir un niveau élevé de liquidités, sans pour autant sacrifier la solvabilité globale du portefeuille. Nous avons allégé toute la gamme des qualités de crédit et avons ainsi pu conserver intacte la qualité de crédit de nos fonds. Preuve que les fonds peuvent fonctionner de manière organisée même dans les scénarios les plus extrêmes, sans être obligés de vendre leurs actifs les plus précieux ou de modifier le portefeuille dans sa composition optimale.

Le soutien de la BCE augmente et va plus loin sur la qualité du crédit

Les banques centrales apportent une aide indispensable pour soutenir le sentiment des investisseurs et les fondamentaux techniques. Ces mesures aideront certainement aussi le segment court terme. La BCE cherche à s’assurer que les rendements à court terme (y compris sur l’Euribor) resteront faibles afin d’aider les banques à opérer.

Les mesures les plus importantes (augmentation de l’assouplissement quantitatif de 120 milliards d’euros et nouveau Programme d’Achat Urgence Pandémique « PEPP » de 750 milliards d’euros) bénéficieront directement aux crédits Investment Grade éligibles aux rachats par la BCE, et ce mouvement se propagera aux crédits non-éligibles (comme les crédits High Yield et nordiques). Bientôt, nous en saurons aussi davantage sur l’éligibilité des entreprises de notations dégradées. Ces éléments seront bénéfiques pour nos positions crossover, c’est-à-dire des obligations dont la notation est proche de la limite entre la notation Investment Grade  et la notation High Yield. Les crédits nordiques bénéficieront par ailleurs d’un soutien supplémentaire du programme d’achat norvégien (50 milliards de NOK), qui comprend même des obligations non notées.

Le marché nordique du crédit, qui est habituellement stable, a été fortement secoué par la chute des cours du pétrole. Alors que son impact direct se fait principalement sentir sur le marché norvégien qui est exposé au pétrole, la contagion de l’énorme coup porté aux crédits norvégiens (ainsi que l’impact du Covid-19) s’est propagée aux fonds suédois dont les positions illiquides ne pouvaient pas résister à des sorties importantes. Heureusement, les obligations finlandaises sont restées relativement stables pendant tout ce temps, avec un comportement proche des crises précédentes.

Les marchés norvégien et suédois ont également souffert du fait que certains fonds ont été bloqués par des rachats, ce qui a inquiété les investisseurs. Nous sommes fiers d’annoncer que nous n’avons pas rencontré de difficultés de liquidité et que les fonds d’Evli sont restés ouverts aux souscriptions et rachats tous les jours ouvrés depuis leur lancement.

Les investisseurs à la recherche de rendement ont tendance à se positionner sur le long terme, mais le court terme présente le meilleur profil rendement/risque

Les maturités court-terme offrent désormais un potentiel de rendement exceptionnellement élevé compte tenu des spreads importants. Les perspectives à court terme sont encore floues, mais les entreprises solides disposent de ressources de trésorerie et peuvent exploiter de nouvelles sources de liquidités qui leur permettront de traverser cette crise en toute sérénité. Le long terme est quant à lui plus incertain. C’est également la raison pour laquelle nous pensons que le ratio rendement/risque est meilleur à court terme. Un resserrement rapide des spreads ne dépend pas seulement de la fin de l’épidémie de Covid-19, les marchés financiers ayant tendance à anticiper de plusieurs mois l’évolution de l’économie réelle.

Le positionnement de nos fonds dans l’univers crossover constitue un avantage pour les investisseurs. Comme nous l’avons déjà mentionné, l’action menée par la BCE se développera aussi sur ce segment. Les obligations crossover offrent une bonne qualité de crédit et un prix attractif. De même, une décote du segment crossover peut provenir d’une fixation inefficace des prix car le papier dispose de 2 notations différentes et n’est pas la meilleure solution pour les investisseurs Investment Grade comme High Yield.

Nos fonds offrent également la possibilité d’investir dans des crédits nordiques, notés ou non notés. Malgré sa faiblesse récente, le marché nordique dispose toujours d’une base forte et stable d’investisseurs locaux. De plus, les fondamentaux des émetteurs de crédit nordique restent sains et leurs obligations se caractérisent par une faible sensibilité et des spreads attractifs.

Pour l’investisseur prudent qui ne cherche pas seulement un rendement absolu le plus élevé possible, mais qui se concentre plutôt sur le meilleur rapport rendement/risque possible, Evli dispose de solutions pour générer un rendement absolu avec une faible sensibilité (Evli Short Corporate Bond, Evli Nordic Corporate Bond) ou même avec une duration minimale (Evli Euro Liquidity).

 

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les actions B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

 

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EVLI – Revue mensuelle mai 2020

 

 

COMMENTAIRE |  11. 05. 2020

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

Reprise en V

Le marché actions a rapidement rebondi vers la fin du mois d’avril après les creux du 23 mars. L’indice MSCI World a maintenant augmenté de 29 % et a comblé plus de la moitié de l’écart qui s’était formé après le pic de février.

Cette forte hausse reflète la baisse du nombre d’infections et de la mortalité liée au coronavirus dans les pays occidentaux ainsi que les efforts déployés pour lever les restrictions de circulation et les effets positifs des mesures de relance. L’espoir de trouver un vaccin a également stimulé positivement les attentes des marchés.

Le marché boursier fait toutefois peu de cas des mauvaises données économiques et de l’effondrement des bénéfices des entreprises. Les économies américaine et de la plupart des pays européens ont plongé d’environ 5 % au premier trimestre, et le deuxième trimestre sera probablement encore pire, car la plupart des économies ne rouvriront pas avant mai et même à ce moment là, cela se fera progressivement.

Les résultats des entreprises s’effondrent en effet. Selon les prévisions du consensus IBES, aux États-Unis, les bénéfices des entreprises du S&P 500 ont chuté de 15 % au premier trimestre et on s’attend à ce qu’ils chutent encore de 36 % au deuxième trimestre. En Europe, les chiffres correspondants pour les entreprises de l’indice Stoxx 600 sont de 25 % et de 40 %.

Si et quand le cauchemar du coronavirus prendra fin, les bénéfices pourraient rapidement rebondir de plus de 10 %, et la tendance pour les bénéfices de l’année prochaine devrait être à nouveau positive.

L’importance des flux de trésorerie

La performance des flux de trésorerie et l’adéquation de la trésorerie seront des facteurs essentiels pour la pérennité de nombreuses entreprises dans les mois à venir. La crainte d’une augmentation des faillites est justifiée et le risque lié à l’émetteur est valorisé de manière au moins aussi pessimiste sur le marché des obligations corporate que lors de la crise financière.

L’effondrement des prix du pétrole brut en avril a également suscité des craintes quant aux perspectives des entreprises du secteur de l’énergie, en particulier aux États-Unis. Bien que la demande mondiale d’énergie ait considérablement diminué, le pétrole bon marché représente un facteur positif pour tous les pays consommateurs d’énergie, tout comme pour les entreprises et les consommateurs.

Cependant, selon la plupart des perspectives, il est préférable pour les économies d’éviter les faillites, notamment pour des questions d’emploi. Aux États-Unis, le nombre de chômeurs est passé à 30 millions, atteignant presque 15 %. Dans le pire des scénarios, ce chiffre pourrait même doubler.

Dans de nombreux pays, divers dispositifs ont été rapidement mis en place pour fournir des financements à court terme aux entreprises afin de gagner du temps. Et des capitaux ont été alloués à des industries considérées comme vitales, telles que l’industrie du transport aérien et de l’énergie.

À long terme, cependant, la volonté des financeurs à maintenir leurs investissements sera cruciale pour les entreprises. Et comme « le temps, c’est de l’argent », les pays du monde entier sont en train de réfléchir à un assouplissement rapide mais contrôlé des restrictions.

Ce rallye peut-il s’inverser ?

Les autorités sanitaires de différents pays ont mis en garde contre une deuxième vague de la pandémie. Comme l’éradication du virus n’est pas considérée comme possible avant la découverte d’un vaccin, les options restantes sont l’immunité collective ou le contrôle strict des infections. Si la stratégie d’immunité collective échoue, elle pourrait entraîner un effondrement des services de santé. Quant aux contrôles et restrictions stricts, ils limitent la croissance et la reprise économiques. Seul le temps nous dira laquelle de ces deux stratégies est la meilleure solution. Certains pays tentent toutefois de trouver un juste milieu.

Les incertitudes et les risques liés au développement de la pandémie vont probablement se poursuivre. Cela maintient la pression sur la poursuite à long terme des mesures de relance et même sur l’adoption de nouvelles mesures si la situation s’aggrave. Les banques centrales ont en effet indiqué qu’elles étaient prêtes à prendre des mesures sans restriction.

Selon nous, il y a cinq facteurs clés liés à l’évolution de cette crise auxquels il faudra prêter une attention particulière : 1) la fin et le contrôle de la pandémie, 2) l’impact des mesures de politique monétaire et fiscale sur l’économie, les entreprises et les consommateurs, 3) la reprise et le développement de l’activité économique en Chine, 4) la volatilité et la liquidité des marchés et 5) l’évolution du sentiment des investisseurs..

Graphique :  Performances de plusieurs instruments d’investissement au cours des 9 dernières années

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.

Pour en savoir plus : www.evli.com

 

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EVLI – Impact du COVID-19 : Comment les pays nordiques réagissent-ils ?

 

 

 

COMMENTAIRE |  28. 04. 2020

Par Petter von Bonsdorff, Directeur du Développement International d’Evli Fund Management Company  LTD

L’objectif de ce commentaire est de revenir sur la réaction des pays nordiques (Danemark, Norvège, Finlande, Suède) lorsque la crise liée au COVID-19 a frappé.

Les gouvernements des pays nordiques ont chacun fait face à l’épidémie. Ils ont pris un ensemble de décisions conséquentes, rapides et importantes afin de contenir cette crise. Leur réaction a néanmoins varié selon les pays.

La Finlande, où la société Evli est implantée, dispose déjà d’une législation spécifique pour les périodes de crise ou de menaces nationales. Cette législation a été activée en mars, donnant au gouvernement finlandais le pouvoir d’agir, de débloquer des stocks de crises composés de matériel médical, de médicaments, d’essence et d’autres produits essentiels.

De bonnes perspectives pour les pays nordiques avant la crise

Lorsque la crise liée au virus a commencé en février, l’ensemble des pays nordiques avait de bonnes perspectives devant eux, notamment au niveau économique : les comptes courants étaient tous excédentaires et plus élevés qu’en Europe occidentale et la dette publique était également nettement inférieure. Dans l’ensemble, ces pays renvoyaient l’image d’économies saines.

Les perspectives macroéconomiques se sont détériorées très rapidement depuis février. Ce revirement a surpris même le marché nordique en mars. Les marchés ont tout d’abord essuyé trois cygnes noirs, à savoir la chute du marché du pétrole, qui a fortement touché la Norvège, la fermeture des frontières européenne, qui a mis en difficultés les économies tournées vers l’export, et enfin les sociétés émettrices d’obligations, qui ont elles-mêmes bloqué le marché nordique des billets de trésorerie. La vente d’obligations corporate à court terme était en effet la seule solution pour les investisseurs afin d’obtenir encore des liquidités.

Les rachats par les clients finaux ont été faibles, mais les sorties techniques ont été importantes dans un marché temporairement illiquide. En Finlande, les ventes massives sont dominées par l’accumulation de liquidités dans les fonds à court terme en raison du blocage du marché des billets de trésorerie.

En conséquence, le marché des obligations nordiques a connu une baisse importante en mars 2020.  Pour la première fois, les liquidités du marché nordique n’ont pas suffi à amortir les différentes vagues de ventes massives. Lors des crises précédentes (les ventes massives du quatrième trimestre 2018, la crise des matières premières en 2016, la crise de l’euro en 2012 et même pendant la crise financière 2008), les liquidités étaient bien meilleures dans les pays nordiques car les ventes massives se sont réalisées sur une période beaucoup plus longue. Par exemple, au quatrième trimestre 2018, les obligations nordiques ont moins baissé que les obligations Investment Grade européennes.

Quelles sont aujourd’hui les perspectives pour les pays nordiques ?

Malgré les conséquences qu’a eues la crise liée au COVID-19 sur les marchés nordiques, ces derniers sont parvenus à en réduire les pires impacts. La plus forte reprise initiale a été enregistrée sur les segments Investment Grade européen (grâce à la BCE) et sur le segment High Yield européen (avec le rabattement le plus important). De plus, les marchés obligataires nordiques sont toujours plus lents à réagir aux sursauts des marchés. Les défauts de paiement augmenteront certainement, mais le marché a d’ores et déjà intégré ces défauts sur l’ensemble des classes d’actifs obligataires dans une proportion jamais vue auparavant. Il y aura aussi des notations dégradées qui généreront de belles opportunités pour les investisseurs flexibles sur les segments notés BBB et BB.

L’action des gouvernements nordiques a également été essentielle face à cette crise. La Finlande a notamment mis en place un certains nombres de mesures fiscales pour les entreprises. Des garanties de prêts pour les entreprises (à hauteur de 4 % du PIB) ont été instaurées, notamment via Finnvera, la société de crédit et de financement à l’exportation de l’Etat. La Finlande a aussi augmenté ses subventions (0,1 % du PIB). L’organisme public de financement Business Finlande en effet augmenté les autorisations de subventions afin de soutenir les entreprises. Les procédures de licenciement ont aussi été allégées avec un délai de préavis ramené de 14 à 5 jours afin d’éviter les faillites. Une réduction temporaire des cotisations retraite versées par l’employeur ainsi que plusieurs mesures fiscales ont également été mises en place.

Comment les fonds crédit d’Evli se sont adaptés à cette crise ?

Nous n’avons pas modifié notre approche, nous restons concentrés sur les sociétés notées et non notées BBB-BB avec peu de dette et une bonne liquidité. Les niveaux de cash dans nos fonds se sont en effet maintenus et la qualité du crédit s’est légèrement améliorée durant la périodes de ventes massives en mars. De plus, le niveau d’endettement moyen des entreprises reste très modéré, ce qui explique pourquoi les taux de défaillance devraient être moins élevés que sur le marché en général.

Les inquiétudes liées au COVID-19 ont conduit à une vente massive de tous les actifs risqués dans les marchés européennes. Les spreads de taux des obligations corporate se sont creusés très rapidement, les investisseurs désertant tous les marchés du crédit. Les spreads entre les obligations Investment Grade et les obligations High Yield ont augmenté massivement en mars, de 122 points de base pour les premières et de 350 points de base pour les secondes. Les spreads pour ces deux marchés sont dans les 10% du centile le moins cher de l’histoire depuis 1999, ce qui nous semble très intéressant dans une perspective à plus long terme.

Le fonds Evli European High Yield:

Au début du mois de mars, nous avons vendu quelque crédit bêta plus élevés, mais nous avons commencé à ajouter progressivement du risque vers la fin du mois. Nous avons ciblé nos achats sur des secteurs qui ne sont pas ralentis par le COVID-19, comme les télécommunications et la santé. Pour les entreprises du segment High Yield, les 3 à 6 prochains mois seront décisifs du point de vue de la liquidité. Nous pensons que notre sélection résistera à la tempête car nous avons réduit les obligations subordonnées et nous ne cherchons actuellement qu’à ajouter des structures de type senior sécurisé car celles-ci sont beaucoup plus sûres dans l’environnement actuel. Aujourd’hui, les valorisations sont très bon marché et nous pensons que les trois prochaines années seront positives pour les crédits.

Le fonds Evli Corporate Bond :

L’action de la BCE (avec les nouveaux programmes d’achat) va soutenir le marché des crédits Investment Grade et nous avons par conséquent fait nos premiers achats sur ce segment à plus long terme. Vu l’état actuel de notre portefeuille, nous sommes confiants pour les trois à six prochains mois, qui seront les plus cruciaux pour les entreprises. Notre exposition aux secteurs les plus touchés reste faible et notre sélection des crédits a été conservatrice.

Nous pensons qu’un portefeuille composé de titres notés BBB et BB forts, pour la plupart, est le mieux adapté à cet environnement. Les sociétés de catégorie Investment Grade bénéficient du programme de la BCE qui soutient leurs liquidités, tandis que les rendements des sociétés du segment High Yield sont très attrayants.

Le fonds Evli Short Corporate Bond :

Dans un environnement normal, la partie courte de la courbe du marché des obligations corporate connaît une demande énorme, mais lorsque la panique s’est répandue, la liquidité est devenue l’actif le plus cher du marché. En mars les investisseurs ont cherché à profiter de chaque opportunité de vente pour renforcer leur liquidité et, faute d’acheteur, les prix des obligations corporate se sont effondrés, quelle que soit l’échéance, en inversant la plupart des courbes de rendement.

La panique ne s’est calmée qu’après que les grandes banques centrales soient intervenues avec d’énormes programmes de rachat. Dans la panique liée au COVID-19, notre principale priorité a été de maintenir en permanence la liquidité à un niveau élevé et de le faire sans sacrifier la solvabilité globale du portefeuille et dans cette tâche, nous avons bien réussi. C’est pourquoi nous avons vendu différentes qualités de crédit et maintenu la qualité moyenne du crédit intacte dans l’espace crossover.

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

 

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PGIM Real Estate – Jocelyn de Verdelon revient sur la crise sanitaire actuelle

Paris, 23 avril 2020 – Dans une note, Jocelyn de Verdelon, Président de PGIM Real Estate France revient sur la crise sanitaire actuelle et ses impacts sur le secteur immobilier.

Si l’impact macro-économique de la crise sanitaire est déjà majeur, son ampleur a été perçue tôt et a fait l’objet de réponses publiques sans précédent. De leur efficacité dépendra la vigueur de la reprise et le redémarrage de l’activité immobilière. Toutefois, grâce à une proactivité rapide des acteurs, la reprise des chantiers illustre encore une fois la capacité d’anticipations de notre industrie.

Il est évidemment trop tôt pour avoir une visibilité sur les conséquences en termes d’activité locative et d’investissement, mais il semble que cette crise exogène accélère certaines tendances fortes perçues depuis plusieurs années. La pénétration croissante de l’e-commerce renforce les besoins de logistique; le déficit de logement neuf, en accession, social ou intermédiaire va devenir encore plus flagrant, incitant les pouvoirs publics à faciliter la production. L’immobilier de bureaux devra à conjuguer pluralité des usages, contraintes sanitaires renforcées dans un contexte de contraintes financières locatives accrues.

Nous anticipons que les risques immobiliers (construction, commercial, liquidité) vont faire l’objet de repricings, que certains jugeaient nécessaires depuis quelques mois, dans un marché marqué par une prime de risque toujours attractive et des montants de fonds propres à investir très élevés.

Nous abordons notre stratégie d’investissement avec discipline et agilité sur les marchés européens ; en nous focalisant sur les opérations à création de valeur immobilière, sur les projets complexes et porteurs de sens.

Pour en savoir plus sur PGIM Real Estate : pgimrealestate.com

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