EVLI – Perspectives croisées de gérants

 

 

COMMENTAIRE |  20. 08. 2020

Par Juhamatti Pukka, Responsable du Fixed Income chez Evli et spécialisé dans la gestion d’obligations corporate. Il gère notamment le fonds Evli Short Corporate Bond et le fonds Evli Green Corporate Bond. Juhamatti a rejoint Evli en 2008 et travaille depuis lors sur le marché obligataire.

et par Juhana Heikkilä, Gérant Senior chez Evli, spécialiste des marchés monétaires et des crédits nordiques. Il travaille dans ce secteur depuis 1994 et chez Evli depuis 2009.

La discipline chez Evli pour faire face aux incertitudes

Une stratégie solide permet à une entreprise de faire face aux situations les plus difficiles. Juhana Heikkilä, Gérant Senior, et Juhamatti Pukka, Responsable du Fixed Income, échangent sur de la manière dont la pandémie sans précédent de COVID-19 a affecté leur travail en tant que gérant d’actifs chez Evli.

L’expérience des crises précédentes

Juhamatti Pukka : La crise financière de 2007-2008 est un excellent exemple de chute du marché due à l’incertitude. Elle a été provoquée par un seul secteur et a fait souffrir tous les autres car elle a gelé les liquidités et les mouvements de capitaux. Pour ce qui est du coronavirus, cette pandémie a gelé les mouvements des personnes et la production industrielle, ainsi que la demande de produits.

Juhana Heikkilä : Jusqu’à présent, je ne crois pas que cette crise soit aussi profonde que certaines que j’ai vues au fil des ans. Elles sont toutes différentes, mais l’expérience m’a montrée que les économies ouvertes sont flexibles et que la reprise a tendance à être relativement rapide, tant qu’il y a de la liquidité et de l’argent qui circule. Je ne crains pas que les choses s’effondrent totalement.

Adaptation d’une vision à long terme et attention particulière aux clients

JP : Les investisseurs craignent qu’il ne soit trop tard pour acheter ou vendre, la question du timing est en effet difficile. Tout le monde était d’accord pour dire que les prix n’avaient aucun sens en mars et c’est le message que nous avons transmis à nos clients. Nous leur avons donc conseillé d’adopter une vision à long terme, plutôt que de se concentrer sur la volatilité à court terme. Cela leur permet de voir la valeur à long terme sur le marché.

JH : Durant les crises, je prête une attention particulière à mes clients. En général, nous ne réalisons un rapport qu’une fois par mois mais là, surtout pour les clients institutionnels, j’ai rédigé des commentaires chaque semaine et j’ai eu de nombreuses conversations téléphoniques. Si les investisseurs à long terme ne sont pas si nerveux, certains groupes le sont encore. Ce sont généralement ceux qui entrent tardivement sur le marché ou qui y restent peu de temps. Auparavant, lorsque le marché était quelque peu volatil, le court terme était une valeur refuge. Ce n’était pas le cas cette fois-ci. Tout a fondu.

Capacité de résister à toutes les éventualités

JP : Nous devions nous assurer que le niveau de risque du portefeuille était capable de résister à toutes les éventualités. Il était essentiel de passer en revue tous les titres et d’identifier ceux dont je ne voulais pas à mesure que l’on entrait dans la crise. Peu importe à quel point il est difficile de vendre des positions pour lesquelles on a consacré tant de temps et d’efforts, il faut mettre les émotions de côté et planifier ses transactions. C’est ainsi que cela se passe en période de stress, les clients montrant leur besoin de liquidité par des rachats.

JH : La gestion de portefeuille, c’est comme un marathon. Vous ne pouvez pas simplement placer vos paris pour le prochain trimestre. Vous devez être à l’aise avec les titres dans lesquels vous investissez à long terme et croire que les bilans peuvent résister à la tempête. Si vous avez bien fait vos devoirs, il ne devrait pas y en avoir trop qui seront affectés de manière drastique par des émissions à court terme, du moins dans le cas d’un problème de liquidité plutôt que d’un problème de bilan.

Une stratégie solide et constante sur le long terme

JP : J’ai conservé la stratégie initiale intacte et cela signifie qu’il ne faut pas cibler des politiques de vente crossover. Ma stratégie ne change pas et je sais qu’elle offre le meilleur potentiel à la hausse comme à la baisse pour l’investisseur. Même si les répercussions sont fortes, vous devez supporter la volatilité et regarder vers l’horizon pour récolter les fruits de votre stratégie d’investissement à long terme.

JH : J’ai établi ma stratégie en 2006 avec le fonds short que je gère encore aujourd’hui. Elle a résisté à plusieurs tempêtes et chacune d’entre elles a été l’occasion de voir s’il y avait des choses à reconsidérer ou à faire différemment. En fin de compte, il y a certaines choses que je pourrais faire légèrement différemment, mais la structure principale restera inchangée.

Gestion active sur le marché obligataire corporate

JP : Certains marchés sont faciles à imiter avec des instruments passifs, mais la majorité du marché obligataire corporate, par exemple, n’est pas facile – ni même possible – à reproduire en tant qu’investissement passif. Les gens pensent que les investissements passifs sont liquides et faciles à négocier, mais ce n’est pas vraiment le cas. Les coûts de transaction peuvent être assez importants lorsque vous avez des œillères.

JH : Je ne suis pas un grand fan des indices. C’est une bonne chose qu’il n’y ait pas d’indice direct sur lequel on peut compter ou suivre, parce que cela rend le travail plus intéressant et les clients ne s’y réfèrent pas tout le temps. Je gère un fonds d’obligations d’État où les indices sont essentiels, et ils causent parfois des problèmes lorsque certains titres deviennent très importants.

Tirer parti des opportunités durant la pandémie

JH : Au cours de l’année dernière, j’ai examiné différentes sociétés de gestion et différents fonds d’investissement, comme les investisseurs en fonds propres qui rachètent de petites entreprises et créent de grandes unités et opérateurs, en particulier sur les marchés des services. Vous le voyez dans les pays nordiques et dans le monde entier : leur bilan est surchargé et ils dépendent de la trésorerie pour survivre. Avant la crise, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée d’investir dans ces entreprises, et maintenant, il s’avère qu’elles sont risquées. C’est un message clair qui va affecter ma façon de penser et je continuerai à éviter ces segments et ces entreprises.

JP : Après le mois de mars, c’était une occasion unique pour saisir la qualité des marchés à des prix incroyablement bas. Nous avons insisté auprès des clients sur le fait qu’en général, on ne voit pas ce genre de rendements ou d’écarts sur les entreprises de bonne qualité. C’était vraiment un marché où il fallait faire preuve de courage et être prêt à faire travailler son argent.

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 12,9 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 06/2020). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 71,8 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,3% (30 juin 2020). La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd. Pour en savoir plus : www.evli.com

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