EVLI – Revue mensuelle avril 2021

COMMENTAIRE |  12. 04. 2021

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

Le programme de redistribution des revenus le plus important au monde

Le président américain Joe Biden a commencé son mandat par la présentation de mesures de relance économique à la limite de la mégalomanie. Ce programme de redistribution le plus important au monde s’est ensuite poursuivi lorsque le Congrès a adopté un plan de soutien de 1 900 milliards de dollars pour les ménages et les entrepreneurs américains, ce qui augmentera encore le pouvoir d’achat. La demande des consommateurs devrait également s’accélérer au cours du printemps et de l’été, à mesure que la vaccination progresse.

Ces plans de soutien seront suivis d’un programme de financement de 3 000 milliards de dollars pour les infrastructures et les projets sociaux. Bien que les détails de ce programme soient encore en discussion, le marché s’en enthousiasme déjà. Toutefois, les républicains ne soutiendront pas inconditionnellement un programme aussi généreux, qui entraînera des augmentations d’impôts et une forte hausse de la dette fédérale.

Selon les projections du Congressional Budget Office, le déficit budgétaire fédéral restera en effet supérieur à 4 % du PIB tout au long de la décennie 2020 et la dette dépassera 100 % du PIB.

Le président Biden devra donc mobiliser toute son influence politique pour mener à bien ce programme, même partiellement. La question est d’autant plus pressante que les élections de mi-mandat ne sont que dans deux ans et que les prochaines élections présidentielles se profilent déjà à l’horizon. Dans le pire des cas, cela entraînera un resserrement de la politique budgétaire et monétaire aux États-Unis.

L’inflation ne préoccupe pas la Fed ou la BCE

Malgré les craintes inflationnistes qui couvaient, les banques centrales ont gardé la tête froide et ont fait la sourde oreille aux préoccupations des marchés. La Banque Centrale Européenne n’a réagi à la hausse des taux longs qu’en février en accélérant son programme d’achat (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP).

La Réserve Fédérale américaine s’est contentée d’affirmer que la croissance économique restera forte, mais a souligné qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre le maximum potentiel. De nombreux économistes ont relevé leurs perspectives de croissance de l’économie américaine et, sur la base d’estimations optimistes, la croissance tendancielle sera atteinte d’ici la fin de l’année.

Sur les marchés obligataires, la frénésie s’est néanmoins poursuivie et les taux d’intérêt à long terme ont augmenté. Si la croissance économique des États-Unis reprend son cours antérieur, que l’inflation refait surface et que la dette publique du pays augmente, il n’y aura plus de raison ni de besoin pour des taux d’intérêt bas. D’ailleurs, le niveau de rendement de l’obligation d’État à 10 ans devrait bientôt atteindre la barre des 2 % et pourrait continuer à augmenter. En mars déjà, le rendement de l’obligation d’État à 10 ans avait augmenté de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 1,75 %. Les rendements des obligations d’État allemandes et italiennes à 10 ans ont quant à elles baissé début mars, mais ont fini par retrouver leurs niveaux de fin février.

Coronavirus : une situation instable

Le nombre de nouvelles infections a continué de diminuer, surtout dans les pays anglo-saxons, où le taux de vaccination a également été plus rapide. En Europe, en revanche, les infections sont à nouveau en légère augmentation et le taux de vaccination est plus lent, ce qui a entraîné un « nationalisme vaccinal ». De plus, dans de nombreux pays, malgré la mise en œuvre de restrictions liées au coronavirus, les perspectives pour l’été restent incertaines.

Un nombre croissant de variants avec une propagation rapide ont été découverts. Mais à ce jour, leur gravité et l’efficacité des vaccins contre eux restent floues. Le coronavirus et ses mutations continuent donc de menacer la reprise de l’économie mondiale.

Cependant, les marchés boursiers européens ont réussi à rester positifs en mars. L’indice Stoxx a augmenté de 4 %. En Suède, l’indice OMX30 a progressé de près de 7 %. Les marchés européens ont été notamment alimentés par une rotation vers les titres value et cycliques. De plus, l’euro s’est affaibli de 3 % par rapport au dollar.

Aux États-Unis, des mouvements brusques ont été observés sur divers segments du marché actions. L’indice Dow Jones a augmenté de près de 5 % et l’indice S&P 500 de 1,8 %. En revanche, les indices Nasdaq Composite et Russell 2000 ont chuté d’environ 2,5 %.

Graphique : Les anticipations d’inflation des marchés sont en hausse, notamment aux États-Unis.

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,1 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2020). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 95,4 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,2% (31 décembre 2020). La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.

Pour en savoir plus : www.evli.com

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