EVLI – Revue mensuelle juin 2019

 

 

COMMENTAIRE |  12. 06. 2019

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

Trump frappe à nouveau avec des taxes douanières

Le président américain Donald Trump a surpris tout le monde et imposé des taxes douanières sur les importations mexicaines pour forcer le Mexique à réduire le nombre de personnes qui traverse la frontière du pays vers les États-Unis. Cette décision a surpris le marché, l’augmentation progressive des droits de douane sur les importations était inattendue, d’autant plus que les négociations commerciales avec la Chine étaient dans l’impasse. En conséquence, de nombreuses entreprises américaines verront leurs coûts de sous-traitance augmenter. De toute évidence, Trump est prêt à utiliser les taxes douanières à des fins politiques. L’Europe pourrait par la suite subir des pressions puisque Trump semble également hostiles aux importations de voitures européennes aux Etats-Unis.

Les négociations commerciales avec la Chine sont dans l’impasse et la situation semble s’être aggravée. Depuis la visite aux Etats-Unis de Liu He, le vice-premier ministre chinois, l’enjeu est devenu plus important, les deux parties prenantes se livrant à un jeu de surenchère. La Chine s’est opposée à la décision américaine d’interdire Huawei, comme on pouvait s’y attendre. En retour, la Chine désignera plusieurs sociétés américaines qu’elle juge peu fiables et envisage d’imposer des restrictions à l’exportation des terres rares utilisés pour la fabrication des puces électroniques. Tous les regards sont maintenant tournés vers la réunion du G20 prévue les 28 et 29 juin, durant laquelle Trump et Xi, le président chinois, devraient se rencontrer.

La politisation des règles du commerce international perturbe un nombre croissant d’entreprises. Cette tendance ne devrait pas s’améliorer, même si Trump parvenait à faire une trêve avec la Chine. Il a clairement l’intention de prendre des mesures identiques sur d’autres fronts et le seuil d’intervention à des fins politiques peut également être abaissé ailleurs. En fait, les États-Unis s’inscrivent déjà dans la perspective des élections présidentielles de 2020 et de la présidence suivante. Cependant, les élections sont encore dans 18 mois et il peut se passer beaucoup de choses d’ici là.

Les banques centrales à la rescousse

Bien que les performances économiques du début du premier semestre aient été meilleures qu’attendues aux Etats-Unis et en Europe, il ne s’agit plus aujourd’hui de consoler les marchés. Les perspectives du secteur manufacturier se sont détériorées durant le printemps. Aux États-Unis, l’indice ISM est tombé à 52,1 %, les perspectives des carnets de commande s’étant affaiblies. L’indice PMI de la zone euro a déjà chuté en dessous de la barre des 50 %, à 47,7 %. Néanmoins, jusqu’à présent, la confiance des services et des consommateurs reste relativement bonne des deux côtés de l’Atlantique.

Toutefois, l’affaiblissement des perspectives fait espérer une réduction par la Fed des taux directeurs. La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 13 et 14 juin et son compte-rendu ainsi que les décisions qui seront prises joueront un rôle décisif. La hausse des prix à l’importation, la situation sur le marché du travail, les perspectives économique et la pression de Trump seront les principaux enjeux des prochaines décisions de la Fed. Une réduction rapide des taux est donc de plus en plus probable et une décision de maintenir les taux actuels serait certainement décevante pour certains.

La réunion de la Banque centrale européenne du 6 juin était également très intéressante. La BCE devait publier de nouvelles conditions pour les opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO-III) et, puisqu’ils y étaient favorables, la demande pourrait atteindre 1 000 milliards d’euros. Enfin, la déclaration du président Draghi fut neutre, comme prévu.

Les tensions politiques ne se sont pas atténuées en Europe au mois de mai. Si les partis populistes n’ont pas eu la victoire que l’on craignait lors des élections au Parlement européen, le nouveau Parlement est plus fragmenté qu’auparavant. Au Royaume-Uni, la Première ministre May a annoncé sa démission, préparant ainsi le terrain pour le prochain acte du Brexit. En Allemagne, la coopération entre les partis au pouvoir commence à se fissurer et la position de la Chancelière Merkel semble encore plus fragile. La coalition gouvernementale est également en difficulté en Italie.

Des réactions négatives sur les marchés

L’indice MSCI global a chuté de 5 % en mai. Les taux d’intérêt à long terme sont eux aussi tombés à 2,13 % aux États-Unis et à -0,20 % en Allemagne.

Graphique : Les niveaux de rendement des obligations d’État à 10 ans ont diminué

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur.

Evli gère au total de 11,9 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 03/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 65,6 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,8% (31 mars 2019). La société compte plus de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.

 

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