EVLI – Revue mensuelle mars 2020

 

 

COMMENTAIRE |  06. 03. 2020

Par Tomas Hildebrandt – Gérant Senior en charge de la gestion institutionnelle d’actifs français

Tomas Hildebrandt est gérant de portefeuille Senior pour des clients institutionnels. Il est membre de l’équipe d’allocation d’actifs d’Evli et travaille également en tant que Stratégiste marchés. Tomas a rejoint Evli en 1996 et travaille sur les marchés financiers depuis près de 30 ans.

Le monde aux prises avec le coronavirus

Comme un tsunami, le coronavirus s’est propagé depuis la Chine vers le reste du monde. Le nombre croissant de cas, notamment au Japon, en Corée et en Italie, a surpris tout le monde et la baisse du nombre de nouveaux cas en Chine n’a apporté que peu de soulagement, voire aucun. Une deuxième vague est à craindre en Chine au moment où les quarantaines prendront fin et que les populations recommenceront à interagir davantage. En tout état de cause, l’impact financier du coronavirus sera important en Chine et les arrêts de production entraîneront des pertes non seulement pour les entreprises chinoises mais aussi pour leurs clients étrangers. En Chine, le PMI manufacturier a chuté à un niveau record de 35,7 points. Le nombre d’avertissements sur les résultats des entreprises a aussi augmenté sur tous les marchés en raison de l’épidémie. Enfin, les effets des quarantaines imposées dans les pays où le virus s’est propagé sont également redoutés.

Néanmoins, si l’on compare cette situation à la propagation des précédentes épidémies de SRAS et de grippe porcine, la résorption de l’épidémie est tout à fait probable. En effet, une reprise rapide et forte de la production industrielle constitue le scénario le plus réaliste alors que les usines retrouvent leur pleine capacité et que les carnets de commandes recommencent à être remplis. Toutefois, les pertes subies dans les secteurs des services ne peuvent être compensées. La structure de l’économie mondiale a en effet considérablement changé en 17 ans. La Chine et la production de services représentent actuellement une part nettement plus importante de l’économie mondiale qu’auparavant.

Le coût de l’épidémie atteint un niveau astronomique. Au premier trimestre, la croissance économique mondiale devrait rester jusqu’à 0,3 % inférieure aux prévisions et, avec une valeur de l’économie mondiale actuellement d’environ 90 000 milliards de dollars, cela signifierait une baisse de 270 milliards de dollars. La capitalisation boursière du marché mondial a chuté d’environ 5 000 milliards dollars au cours de la dernière semaine de février. Afin de compenser ces pertes, de nombreux pays sont prêts à accorder des allégements fiscaux, et les banques centrales devraient également réagir. Cela s’est d’ailleurs déjà produit en Chine. La Banque Centrale des États-Unis a aussi réagi avec une baisse de 0,5 point de son taux des fonds fédéraux surprenant et étonnant les marchés financiers.

L’épidémie aura-t-elle un impact durable sur l’économie mondiale ?

Les consommateurs peuvent par exemple annuler leurs voyages ou changer leurs loisirs. Au moins à court terme, les hôtels, les restaurants, les parcs d’attractions et les transports subiront des baisses de fréquentation. Dans des cas similaires, 3 à 12 mois ont été nécessaires pour que les ventes reviennent à leur niveau antérieur.

L’amélioration de la sécurité d’approvisionnement peut également devenir un facteur clé pour les entreprises. On passera d’une réduction de la base d’approvisionnement à des chaînes d’approvisionnement plus décentralisées. Toutefois, il pourrait ne pas être possible d’anticiper tous les impacts de cette épidémie au niveau mondial.

À long terme, cela dépendra de l’évolution des cycles de vie des différents virus. Il s’est écoulé plusieurs années depuis la dernière grande épidémie de corona et plus de 100 ans depuis la dernière pandémie. Si les cycles se rapprochent ou si les épidémies deviennent plus fréquentes, une « risque viral » pourra apparaître dans l’économie et sur le marché.

Mais il est aussi intéressant de noter qu’à court terme, l’arrêt de la production industrielle mondiale a été un facteur positif du point de vue des émissions de gaz à effet de serre.

Autres événements

Le prix du pétrole brut est tombé à 52 dollars le baril alors que la demande mondiale était au point mort. Si le prix reste bas lorsque l’épidémie sera maîtrisée, cela apportera certes un répit anticipé à l’industrie et aux consommateurs, mais cela constituera une nouvelle difficulté ajoutée aux coûts de production élevés. Ainsi, les prix ont plus de chances de revenir à leur niveau précédent.

Les discussions entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur la mise en œuvre du Brexit ont également connu un début laborieux. La Grande-Bretagne souhaite une période de négociation très courte et menace d’un « hard Brexit » si les négociations n’ont pas suffisamment progressé d’ici juin.

Graphique :  Performances de divers indices boursiers depuis le 30 septembre 2019

A propos d’Evli Fund Management Company Ltd :

Evli Fund Management Company Ltd est une société de gestion scandinave qui cible particulièrement les investisseurs institutionnels et propose une gestion active avec une coloration ESG, dans une perspective long-terme. Les gérants Senior ont tous une ancienneté de 10 ans en moyenne dans l’entreprise et disposent chacun d’une vingtaine d’année d’expérience dans ce secteur. Evli gère au total de 14,3 milliards d’euros d’encours pour le compte de ses clients (net 12/2019). Les fonds propres du groupe Evli s’élèvent à 81,7 millions d’euros et son ratio de solvabilité BIS est de 15,1% (31 décembre 2019). La société compte autour de 250 employés. Les parts B d’Evli Bank Plc sont cotées sur le Nasdaq Helsinki Ltd.

Pour en savoir plus : www.evli.com

A destination exclusive de la presse.

Contact presse
Céline Bruggeman / Justine Gloaguen
01 76 21 81 12 / 01 76 21 81 13
cbruggeman@bdandp.com
jgloaguen@bdandp.com