Neuberger Berman – A qui rendront comptes les entreprises si ce n’est aux gérants actifs ?

 

 

Commentaire

Paris, le 17 avril 2018

Joseph V. AMATO

Après avoir présenté l’intérêt d’instaurer un dialogue concernant les  critères ESG avec les émetteurs High Yield, Neuberger Berman souligne à nouveau l’importance de l’engagement dans sa philosophie d’investissement à travers la dernière prise de position de Joseph V. Amato, son Président et CIO, sur le rôle central des gérants actifs.

De l’importance de l’engagement et de la capacité de décision

Voici les raisons pour lesquelles nous pensons que les gérants actifs avec une approche bottom-up sont plus à même d’évaluer les sociétés dans lesquelles ils investissent.

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur la gestion active et la gestion passive ces dernières années – et nous avons débattu de cette question. Ce débat s’est presque uniquement focalisé sur la performance relative et sur les facteurs qui la stimulent. Un aspect important de ce débat qui ne revient pas très souvent porte sur l’engagement des actionnaires, et il en est absent, à mon avis, parce que nous pensons que l’engagement est l’une des valeurs ajoutées les plus essentielles en faveur de la gestion active et constitue un atout majeur pour les investisseurs afin de générer de la valeur sur le long terme.

L’engagement est essentiel. Et parce qu’il requiert une prise de décision bien informée, l’expérience dans l’évaluation des entreprises est vitale.

Profondeur et qualité

Les investisseurs passifs argumentent que, parce qu’ils ne peuvent pas vendre, ils sont nécessairement investisseurs à long terme. Ils soulignent souvent que les gérants actifs qui n’apprécient pas la direction prise par une entreprise peuvent simplement céder le titre.

Bien que cela puisse être vrai pour certains investisseurs, ce n’est pas le cas pour beaucoup d’autres. Chez Neuberger Berman, nos gérants investissent dans une entreprise parce qu’ils reconnaissent la qualité et la valeur ajoutée des produits ou services qu’elle développe et ils veulent que leurs clients et les autres actionnaires en bénéficient tout autant. Contrairement à un investisseur passif qui est obligé de conserver une société, notre intention est de conserver une société en portefeuille dès le premier jour, ce qui  implique un suivi constant des évaluations de celle-ci. En d’autres termes, l’historique compte, mais rien de tel que de travailler régulièrement avec des sociétés, en particulier sur une longue période. Nous ne commençons pas à creuser uniquement lorsque nous prenons conscience que peut-être quelque chose ne va pas, mais aussi dès que nous constatons que l’équipe de direction hésite sur sa capacité à délivrer de la valeur sur le long terme, et nous nous engageons alors auprès d’eux. De notre point de vue, vendre un titre, c’est laisser derrière soi une valeur potentielle irréalisée, et nos gérants n’aiment pas faire cela.

De plus, nous pensons qu’en réalité les investisseurs passifs investissent pour investir. Les grands gérants passifs n’ont pas les ressources nécessaires pour s’engager véritablement auprès d’une entreprise ou pour porter des jugements sur la qualité et le succès de son équipe managériale. Ils emploient des équipes relativement petites pour des rôles « d’intendance », privilégiant le plus souvent le processus de vote par procuration lors des assemblées générales. Bien que nécessaire, cet événement ne se produit généralement qu’une fois par an et est souvent centré sur des enjeux immatériels qui sont très éloignés de ce qui est requis pour comprendre réellement si une société est dirigée de manière efficace.

Je vous invite à comparer ce petit nombre de participations via procuration à celles réalisées par des  centaines de gérants et d’analystes, pour la plupart avec des dizaines d’années d’expérience dans l’analyse des entreprises et des industries, déployés par une société telle que Neuberger Berman.

Ne vous méprenez pas. Nous nous intéressons au processus de procuration, en particulier pour les élections des membres du conseil de direction. Ce que je veux dire c’est que bien que ce soit nécessaire, ce n’est pas suffisant.

Responsabiliser le conseil d’administration et la direction

A qui rendront compte les équipes managériales si ce n’est aux gérants actifs ?

Les investisseurs passifs, étant donné les flux des dernières années, détiennent maintenant des parts plutôt importantes dans la plupart des entreprises cotées en bourse, souvent de l’ordre de 15% à 20%. Ajoutez à cela les stratégies actions quantitatives, qui montrent également peu d’intérêt pour l’engagement direct auprès des entreprises, et vous allez découvrir le problème.

Par exemple, existe t-il un sujet plus important pour les actionnaires que les choix concernant l’allocation du capital d’une société ? Ce sujet n’est presque jamais abordé dans une déclaration de proxy-voting. Et la composition de l’équipe dirigeante ? Bien que ce sujet figure effectivement sur la déclaration de proxy-voting, qui évalue l’expérience et l’expertise des personnes qui représentent directement les intérêts des actionnaires ?

Qu’en est-il des autres enjeux tels que les responsabilités sociales et environnementales des entreprises ? Récemment, nous avons assisté à un débat sur les investisseurs actionnaires des entreprises cotées dans la production d’armes : Olin Corp, American Outdoor Brands, Sturm, Ruger & Co, et Vista Outdoor. Les fonds communs et les UCITS de Neuberger Berman ne détiennent pas de positions acheteuses dans ces producteurs d’armes. Les investisseurs passifs détiennent des parts dans ces sociétés – ils y sont contraints. Mais ce n’est que récemment qu’ils ont commencé à « s’engager » auprès d’eux – ce qui veut généralement dire envoyer de simples questionnaires. Je crois que c’est la vision qu’ont les investisseurs passifs de « l’engagement ».

Evaluer si une société est bien dirigée – ainsi qu’évaluer la responsabilité de l’équipe de direction lorsque ce ne n’est pas le cas – nécessite un diagnostic, pas un questionnaire. Nous pensons que les gérants actifs avec une approche bottom-up fondamentale mettent à profit leurs dizaines d’années d’expérience et d’expertise sectorielle et sont parmi les rares acteurs des marchés financiers qui soient réellement informés sur ces aspects relatifs aux entreprises.

Quand on en vient à la responsabilité de la direction d’une société, à la fois pour le bénéfice des actionnaires et la durabilité environnementale et sociale, l’engagement et le jugement sont importants – et nous sommes certains qu’on ne récolte que ce que l’on sème.

Pour aller plus loin

Neuberger Berman se positionne au sein du débat entre la gestion active et la gestion passive grâce à la place particulière qu’elle accorde à l’engagement dans sa philosophie d’investissement.

Pour approfondir ce sujet, nous vous proposons en téléchargement un livre blanc rédigé à l’automne dernier par Joseph V. Amato, Peter D’Onofrio (Vice-président et Gestion des produits) et Alessandra Rago (Associée et Développement de l’entreprise et stratégie) intitulé : Surperformance de la Gestion Active : une régularité souvent discutée

Vous trouverez également en téléchargement le dernier commentaire daté de mars 2018 de Chris Kocinski, Responsable de la Recherche crédit non investment grade : S’engager dans l’ESG – Les investisseurs crédit peuvent provoquer un changement grâce à l’engagement ESG

 

À propos de Neuberger Berman

Neuberger Berman, fondé en 1939, est une société de gestion indépendante et détenue par ses salariés. La société gère une gamme de stratégies – incluant gestion actions, gestion fixed income, gestion quantitatives et multi-classe d’actifs, des fonds de private equity et des hedge funds – pour le compte d’institutions, de conseillers et d’investisseurs individuels dans le monde entier. Avec des bureaux dans 20 pays, l’équipe de Neuberger Berman compte environ 1 900 professionnels. La société a été désignée Best place to work 2016 par Pensions & Investments dans la catégorie gestion financière (entreprise de plus de 1 000 salariés).Constante, stable et centrée sur des objectifs de long terme, la société favorise une culture d’investissement basée sur la recherche fondamentale et l’indépendance. Elle gère 295 milliards de dollars d’actifs pour le compte de ses clients au 31 décembre 2017. Pour plus d’informations, veuillez visiter notre site Web : www.nb.com.

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